29.10.2009
Je ne résiste pas
Non, je ne résiste pas à te montrer, au cas où tu l'aurais loupé, le Petit Journal Actu de Yann Barthès d'hier.
Déjà parce que perso, je trouve que Yann Barthès a trop la classe. Qu'il a bien de la chance qu'il y ait Mister T. dans ma vie et qu'il vive à Paris sinon il m'aurait peut-être bien en groupie de folie qui lui courrait après en permanence.

Nan, franchement. Le mec, il met un jour sur deux une cravate ou une chemise (ou les deux!) absolument horrible(s) mais il a quand même trop la classe.
En plus il est drôle, piquant, malicieux.
Ah et en plus intelligent car il sait bien où chercher (enfin, lui et son équipe quand même).
Pour illustrer tout ça et pour illustrer combien la politique est une belle mascarade, je te prie de bien vouloir regarder cette vidéo:
Bah oui, malheureusement, CanalPlus ne veut pas donner de lecteur exportable que je puisse intégrer ici. Donc faut sortir de mon blog.
Si ça te saoule, c'est surtout à partir de la 2ème minute. Hilarant ET navrant à la fois!
17:23 Publié dans A la une | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : petit journal, actu, yann barthès
23.10.2009
Vive les vacances, vive...
l'insouciance!
Les cahiers au feu et la maîtresse...
Ah non! pas la maîtresse!
Bon, ayé, j'ai survécu à ma première période scolaire en tant que prof. 8 semaines de prise en main de mes classes et de galère innommable pour faire mes cours.
Pfiou! Comment peut-on faire ce métier toute une vie?
Alors oui, je sais. On prend ses marques. On s'habitue à un certain nombre de choses. On prend des habitudes qu'ensuite on n'a plus besoin de (trop) remettre en question. Alors que moi, là, je remets tout en question. Du "comment je m'habille ce matin" au "j'utilise le feutre bleu ou le noir". En passant par la question qui me bouffe constamment "est-ce que je punis directement ou je laisse encore une chance?".
Ayé, c'est dit. Je crois qu'il faut que j'arrête de donner des chances.
Je crois trop en la perfectabilité de l'Homme. Enfin de l'Elève.
J'imagine encore que si je lui dis "attention, tu vas avoir une punition", il comprend qu'il faut se taire.
Je suis pour la prévention et non la répression.
Mister T. m'a perverti avec ses idées de gauchiste humaniste!
M'en vais me transformer en Besson-Hortefeux et les reconduire à la frontière, guerre ou pas guerre!
Comme tu le sais déjà, la classe verte avait été absolument horrible la semaine dernière.
A tel point que j'en ai eu (plus maintenant puisque c'est les vacances, l'insouciance, les cahiers au feu et la... mais non, je te dis!), bref à tel point que j'en ai eu un mal de cou assez énorme (ma psy m'aurait "le mal de cou, c'est la peur") et des insomnies pas très sympas.
Exemple mardi soir. Mardi j'avais eu une demi-journée à l'IUFM (la séance thérapie collective était assez sympa mais c'est uniquement parce qu'on a eu le seul formateur sur les trois intervenants qui était bien, les autres groupes ont tous cru qu'ils allaient devoir se pendre pour sortir de là). Autrement, mardi j'étais plutôt reposée.
Je me couche tranquille. Je lis quelques pages de mon roman historique de 1084p (purée, ce que j'aime les bons gros pavés comme ça).
Quand je vois que j'ai les yeux qui se ferment tout seuls sur les pages, je ferme, j'éteins la lumière.
Je suis toujours tranquille. Tellement tranquille que je me dis: "c'est dingue comme je suis tranquille, pour une fois, je pense même pas à la classe verte!".
TROP TARD!!!!!
Il était 23h. Je n'ai pu m'endormir que vers 3h30/4h. Je me levais à 7h20. Pour une nuit d'insomniaque, c'est pas si mal quand même.
Mais pour m'endormir si "tôt", il a fallu que je rallume, lise encore 2h sans aucun effet (heureusement que j'adore ce livre), que je m'énerve et me mette à chialer en maudissant ces sales merdeux (non, c'est pas déontologique de traiter ses élèves de sales merdeux, mais tant pis, ça soulage quand même un peu), que Mister T. me donne un bras pour me consoler en son creux pour que je finisse par entrer dans un demi-sommeil suffisant pour tenir à peu près la journée.
Résultat mercredi matin: la classe orange a été horrible (oui, oui la classe orange! mais faut dire qu'ils devaient décrire leurs préférences pour les correspondants américains et du coup, ça partait dans tous les sens) et la classe verte a été tout à fait tenable pendant 30min! (Après, ils ont eu le contrôle de compréhension orale qu'ils ont trouvé super-trop-dur-madame-on-comprend-rien alors que la moyenne de la classe est à 6.35/10 donc pas si mal et du coup, leur naturel d'agités est revenu au galop...)
Lundi, ils avaient été suffisamment eux-mêmes et mon insomnie de mardi soir, et mes envies de vomir de dimanche soir + lundi toute la journée et mon cou tout raide ont été suffisamment explicites pour que je me dise: il FAUT que je fasse quelque chose pour cette classe.
Et il FAUT que je parle avec leur prof principale. Même si je doutais de son envie de faire quoi que ce soit vu que lundi, tout ce qu'elle a trouvé à me dire pour M. que j'avais exclu la semaine précédente, c'est qu'il fallait que je change mes méthodes (en gros).
D'habitude, c'est les parents qui te disent comment faire ton boulot. Là, c'est même les collègues:
"t'as qu'à le mettre dans un coin avec des exercices plus durs exprès pour lui".
Oui mais j'ai un peu peur qu'on me tombe dessus là car j'ai pas trop le droit de faire ça.
"Qui ça? Nous? On va pas te tomber dessus?"
Non, non, vous je m'en fiche, mais j'ai un peu l'IUFM et l'inspection sur le dos cette année.
"Ah, t'es stagiaire?"
(Ouais, patate! c'est bien de te renseigner sur les profs de tes bambins)
"Bah tu le fais pas quand ils viennent et puis c'est tout. De toute façon, M., il a son père aux US, il est quasi-bilingue"
(Ouais, M. a un père qu'il ne connaît pas aux US et il fait plein de fautes, il a un niveau seconde certes, mais pas un niveau bilingue) Euh, admettons mais j'ai un vrai anglophone dans l'autre classe et c'est pas pour autant qu'il me fout un bazar pareil et pourtant il doit s'ennuyer encore plus!
"Nan mais je te dis, t'as qu'à lui donner des exos en plus quand il est pénible et puis voilà".
Super. Pas eu trop le choix de dire autre chose car j'avais pas d'autres solutions à ce stade.
Chez nous, on fait de l'oral, de l'oral et encore de l'oral. Autrement dit, je peux pas lui donner, genre, plus d'exercices que les autres puisque les autres, ils ont pas d'exercices (pas bien les exercices de grammaire!). On fait que des "activités" à l'oral et là le gamin, je peux pas lui dire de faire son oral plus difficile dans son coin tout seul...
Si je suis les directives de l'IUFM, il faut que je puisse l'intégrer dans mon cours en lui donnant une place particulière. Genre mon "assistant".
Je rappelle (pour ceux qui suivent pas) qu'il s'agit de la classe verte. Ceux qui rigolent comme des bossus pour un rien. Alors M. au tableau, j'ai peur que ça lui donne un peu trop de l'importance.
Et en même temps, ce gamin dont la mère ne s'occupe pas (elle travaille à l'étranger et rentre à peine une fois par semaine, voire moins souvent encore), qui ne connaît pas son père mais qui raconte à tout le monde qu'il a un père aux US (sans doute vrai mais il se garde bien de dire qu'il le connaît pas) et qui vit chez sa grand-mère dont il ne veut pas qu'elle signe les mots dans son carnet (il doit y avoir une super ambiance entre eux), bref, ce gamin là, il a besoin aussi qu'on lui donne de l'importance...
Bref, j'ai toute les vacances pour y réfléchir, même si j'ai déjà dit à M. que j'essayerais de trouver un moyen pour l'occuper (après tout, c'est LUI qui réclame le travail supplémentaire).
Bon, on en était à la PP.
Mercredi, j'ai donc discuté avec ma pote néo-tit (autrement premier poste, elle était stagiaire l'année dernière) d'histoire-géo qui a aussi la classe verte et qui, je cite, "ne peut plus les blairer, je les hais, je les déteste, je déteste leur faire cours, ils me sortent par les yeux, je ne leur dis plus bonjour dans les couloirs tellement je peux plus les voir en peinture".
Je lui soumets mon idée de faire un truc "en force". Genre tous les profs se pointent dans un cours de la classe verte et disent: "maintenant, vous vous calmez sinon y'aura ça, ça et ça; on se met au boulot".
J'ai eu beaucoup d'échos positifs de cette méthode. Plus l'équipe est soudée, plus ça marche.
Elle me dit qu'elle serait pas contre mais que de toute façon, la PP leur trouve trop d'excuses et que du coup elle est pas sûre que ça passe. Elle me dit aussi qu'elle s'en fiche presque de son côté car, elle, elle a 4 ou 5 autres classes qui sont super et donc, les 3h avec la classe verte sont justes 3h à passer et qu'elle a le reste pour se sentir bien dans ses pompes. Pas moi, j'ai que deux classes. Du coup, 50% de mes cours se passent mal...
Je décide donc de demander un RDV à la PP. Je lui laisse un mot dans le carnet (c'est littéralement ce que j'ai tapé en premier) dans son casier en précisant que je veux la voir avant les vacances (je veux des vacances AVEC l'insouciance moi).
Jeudi (hier donc), à la récré de l'après-midi, je la croise. Elle a pas le temps avant les vacances pour qu'on se voit.
Mais "c'est qui le problème?".
(C'est tous andouille!) Bah, une bonne grosse moitié de la classe.
"Mais t'as essayé de cibler les agitateurs?"
Cibler 15 gamins, c'est pas simple...
"Non, mais faut que tu me dises qui t'enquiquine particulièrement et puis moi après, je peux appeler les parents ou autre. Je pensais faire une réunion avec l'équipe pédagogique (les autres profs de la classe quoi) pour mettre en place des fiches de suivie (l'élève qui a une fiche de suivi doit présenter sa fiche à ses profs à chaque cours qui y écrivent comment il s'est comporté)".
Non, mais j'aimerais qu'on discute de la classe entière là. Parce que les fiches de suivi, pour moi, y'en aura 15.
"Je crois vraiment qu'il faut cibler les individus. Chaque prof a un problème avec quelques élèves différents à chaque fois. On peut faire que des actions ponctuelles sur des gamins bien précis, y'a que comme ça qu'on s'en sortira."
(la déception doit se lire sur mon visage à ce stade)
Bah moi, je pensais plutôt à un truc massif, genre on se pointe tous dans un cours et on met les choses au clair avec la classe.
"Ah mais non, ça marche JAMAIS ce genre de truc! Non, non, non! A la rigueur, je veux bien réorganiser une réunion de l'équipe pédagogique à la rentrée mais ça ça marche jamais"
Bah moi, j'en ai entendu QUE des échos positifs. T'es la première à me dire le contraire.
"Ah, non mais je t'assure. Bon, faut que j'y aille. Mais si tu veux, je fais cette réunion parce que je pensais le faire de toute façon".
Okay. La première n'avait servi à rien. En plus j'avais pas pu y être (cette fois, je ferai tout pour y être en espérant que ce soit pas un jour d'IUFM (c'est ça qui me fait le plus peur d'ailleurs)). J'ai juste su que ce jour-là, elle s'était engueulé avec le prof de français (qui sera plus là à la rentrée car il prend sa retraite) parce qu'il trouvait que cette classe était impossible, qu'il avait jamais vu ça (le gars, 40 ans de métier hein, je sais qu'en vieillissant, on a tendance à penser que "c'était mieux avant" mais quand même) et qu'elle leur trouvait beaucoup trop d'excuses et que "arrête de les protéger comme ça!"...
Les vacances ont donc pas très bien commencé. J'avais décidé en début de semaine que j'aurai réglé le problème avant les vacances mais l'avenir avec cette classe est des plus brumeux.
En réalité, je crois que je m'accomoderais assez bien, pour me protéger la conscience et la santé, de l'idée que "de toute façon, je peux rien y faire" et que "s'ils apprennent rien cette année, c'est pas mon problème". C'est plus difficile quand je pense aux 8 élèves sérieux qui veulent, eux apprendre quelque chose mais.
Faire appel à leur conscience et leur sens des responsabilités (genre, "l'année prochaine, vous passez le brevet et vous devez valider un niveau A2 pour l'avoir") ne sert strictement à rien à 13 ans. Je crois que le sentiment de culpabilité n'existe plus à cet âge là. Et comme en plus, à ce moment-là de la vie, il devient important de faire rire les copains pour avoir une vie sociale épanouïe et de faire le mâle dominant pour lancer les prémices d'une vie sexuelle, j'ai vraiment pas beaucoup de poids de mon côté.
Surtout s'il faut que je me batte toute seule.
Mais moi, même si je ne joue pas ma vie sociale ou sexuelle dans ce combat-là, je joue ma vie professionnelle. Si je suis inspectée avec cette classe, dans cet état, c'est juste pas possible.
Plan d'action:
- trouver de nouveau moyen de faire de la discipline dans cette classe (peut-être y intégrer M. qui, même si parfois il y participe, râle tout de même souvent contre le bruit)
- réfléchir à ce que je vais faire de M.
- aller gentiment à la réunion de la PP qui servira sans doute à rien mais si je peux y être, je peux préparer l'assaut à coup de "et si on faisait une invasion de profs et qu'on mettait en place un plan de classe commun, un plan de discipline commun et qu'on se serrait les coudes au lieu de vivre chacun notre merde dans notre coin?" et que si elle est pas contente, tant pis pour elle et j'aurai essayer.
- si ça marche pas, j'irai voir le principal.
Faut que tout le monde sache que ça va pas. Tout le monde sauf l'IUFM dans un premier temps.
A la rentrée, il y a A. qui part (dommage, A. était une mine à perles) donc la classe verte tombe à 24 élèves. Et puis à la rentrée, il y a aussi mon vrai tuteur qui revient et que j'ai rencontré lundi. Il a l'air de prendre le rôle à coeur et je pense qu'il va venir plus souvent me voir en classe; j'espère ainsi progresser peut-être plus vite.
Bon, allez, c'est quand même les vacances. Au moins pour quelques jours (après je vais devoir préparer mes cours à venir). Alors pour fêter ça, je te propose une petite playlist à base de Dire Straits. Quand j'étais gosse, ma mère écoutait souvent Dire Straits. Mon père aussi. Ecouter cette musique me replonge un peu dans mon enfance. (La dernière Why worry? était d'ailleurs à l'enterrement de ma mère).
10:46 Publié dans La classe verte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : classe verte; vacances, toussaint, prof principal
17.10.2009
Mardi et Vendredi...
Je crois qu'il est temps que je te parle de l'IUFM.
En plus ça tombe bien, je vais pouvoir te raconter comment l'IUFM m'a fait pleurer toutes les larmes de mon corps quand j'ai été chez moi après la visite de ma formatrice.
Ouais, ça te met dans l'ambiance.
Pourtant, l'IUFM, c'est pas si douloureux d'habitude. C'est surtout navrant. C'est parfois drôle tellement c'est navrant. Mais bon, quand même, c'est surtout triste tellement c'est navrant.
Et contrairement à ce qu'on laisse penser (et moi la première), il y a parfois des choses utiles à l'IUFM... Genre la présence des syndicats quoi... (Non, je plaisante, je fais juste de la lèche à mes beaux-parents si ils lisent ce post). (Je veux dire, y'a d'autres choses encore qui sont utiles à l'IUFM).
Mais laisse-moi d'abord te parler des locaux d'abord.
Les IUFMs, les « Instituts Universitaires de Formation des Maîtres », sont une création récente (Wikipedia dit 1990-1991 et dit que c'est la faute à Jospin). Ils ont remplacé les autres systèmes de formation et rassembler les anciens instits (devenus profs des écoles) et les profs dans un même bâtiment.
Dans les faits, c'est bien souvent les locaux des anciennes écoles normales des instits qui ont été repris. Et dans les faits aussi, l'IUFM appartient plus aux PE1 et PE2, plutôt qu'aux PLC1 et PLC2 (autrement dit aux Profs des Ecoles 1ère année (avant concours) et Profs des Ecoles 2ème année (après concours, pendant le stage), plutôt qu'aux Profs de Lycée et Collège 1ère année et 2ème année). Moi, je suis en PLC2. Les PLC1, par la force des choses (ils ont des enseignements disciplinaires dans leur propre fac surtout), passent peu de temps à l'IUFM alors que les PE1 ont tous leurs cours là-bas. C'est aussi vrai en 2ème année puisque les PLC2, nous ne sommes là que 2 jours par semaine maximum alors que les PE2 sont là 4 jours par semaine...
Mais je t'enquiquine avec tous ces détails. Tout ça, c'est pour te dire que même si on fait semblant de nous dire qu'on est à l'IUFM chez nous, qu'on a le droit de nous y impliquer et tout, en fait, ce sont les PE qui le font le plus.
Mon IUFM ressemble à ça :
Tu vois : l'école primaire de centre-ville de Papy quoi.
Malgré les locaux historiques, on est à la pointe de la technologie à l'IUFM. Presque toutes les salles sont munies de vidéoprojecteurs ! Bon, faut amener ton propre ordi par contre hein... et tout le monde n'a pas de portable...
Les salles de cours ressemblent aux salles de cours d'antan sauf que, pédagogie actuelle oblige, les tables sont toutes placées en U, évidemment. Pour faciliter la communication, évidemment. Il n'y a plus les rangées de porte-manteaux sous les fenêtres qui donnent sur le couloir non plus, mais je suis sûre que sous la peinture, on retrouverait les trous des vis.
Il est tout de même remarquable que, malgré ce placement des tables qui nous installe tous, par la force des choses, au premier rang, de nombreux stagiaires n'aient aucun scrupule à corriger leurs copies ou lire un livre au nez et à la barbe des formateurs (ouais, ce sont pas des profs, mais des formateurs !). C'est tout de même assez étonnant de voir comment, alors qu'on se bat pour faire bosser nos élèves dans le silence, certains d'entre-nous se comportent!
D'une manière générale, débuter sa carrière dans des locaux évoquant autant l'école d'autrefois est assez stimulant. Y'a un ptit côté grandiloquent, un sentiment de « je m'inscris dans la longue lignée des maîtres de France et je prends conscience de mon devoir et de mes responsabilités ».
Ouais.
Le problème, c'est que les cours en face, bah... ça fait souvent un peu rigoler quoi...
Et puis l'IUFM aime bien mettre en place des activités comme à l'école. On nous a encouragé à aller à la chorale, à l'atelier théâtre entre midi et deux etc... Y'a même un « foyer des élèves » sauf que ça s'appelle l'A.V.I. : l'Association pour la Vie à l'IUFM. Non, ce n'est pas une assoc' anti-avortement au sein de l'IUFM. Ce sont juste des PE qui ont trouvé qu'il y avait pas assez d'ambiance à l'IUFM et donc qu'il fallait organiser des trucs : journée montagne, soirée d'accueil un soir où les PLC sont pas dans le coin, mise en place d'un Espace Vie.
Aaaah, l'Espace Vie ! Y'a pas de cantine à l'IUFM ! Alors on a des machines à café, des frigos, des micro-ondes, plein de tables et de chaises pour manger entre gens de la même classe et des éviers pour faire ensuite la vaisselle. Du coup, on a l'impression de vivre à l'Espace Vie !
C'est bien gentil cette assoc' et j'imagine que pour ceux qui passent leur semaine à l'IUFM, ça doit être bien nécessaire. Mais nous PLC2, qui faisons je pense en moyenne plus de 100 bornes aller-retour pour venir deux fois par semaine (donc plutôt 200 bornes et parfois pour seulement deux heures), on s'en fiche moyen de la vie à l'IUFM. Parce que vois-tu, nous, on préférerait pas devoir y aller quoi...
On est quand même bien content d'avoir notre Espace Vie quand même !
Oui l'IUFM est un endroit étrange où on se mélange peu entre PE et PLC mais également entre les PLC. Car moi je suis en PLC2 Anglais, mais y'a aussi des PLC2 Lettres, Histoire-Géo, EMCC (Education Musicale et Chant Choral, si, si, ça s'invente pas), Maths etc... Et le seul moment où on est « mélangé », c'est pour les cours du mardi après-midi, autrement dit, pour les cours les plus abstraits et les plus éloignés de nos préoccupations plus que concrètes (exemple : « souhaitons-nous des élèves « à valeurs » ou « avaleur » ? » versus « Kévin a craché sur Pierre-Maxime hier en cours, comment j'aurais du réagir ? » Réponse : « sans aucun doute: des élèves avaleurs, il aurait fallu que Kévin AVALE sa salive ! »).
Moralité : les PLC2 Maths, Lettres et autres, j'ai franchement pas envie de voir leur pomme en fait parce que ça veut dire se taper le p***** cours de philo qui me fait hurler tellement j'ai l'impression de perdre mon temps.
Pour l'instant le mardi nous avons eu 3 intervenants qui sont venus nous parler de plusieurs choses différentes.
Nous avons eu Mlle N. Une jeune qui, si ça se trouve, est plus jeune que moi. Elle a du faire/fait encore des études de Sciences de l'Education ou de Psycho et elle nous a fait 3 cours, rien qu'à nous PLC2 Anglais, sur des trucs qu'elle avait lu dans les livres. Son cours s'appelait « Prise de fonction ». Le premier parlait de la Gestion de Classe... Chouette ! Une semaine après le début des cours, ça tombe pas trop mal !
Sauf qu'on a eu droit qu'à une liste de recommandations plus que connues : « soyez cohérent », « quand vous dites quelque chose, faites-le », « soyez certains que les élèves connaissent (et comprennent, c'est encore mieux) les règles » etc...
Parlant des punitions, elle nous a expliqué qu'il fallait trouver, dans la mesure du possible, une punition correspondant à la faute. Exemple : bavardage qui fait perdre du temps à l'élève --> le retenir après la classe... Ouais... Sauf qu'on n'a pas le droit...
Parlant du chahut, elle nous a expliqué qu'un comportement perturbateur, il fallait parfois l'ignorer et qu'une expérience très sérieuse avait démontré qu'ignorer un bavard mais complimenter un calme avait beaucoup plus d'effets que punir le chahuteur... Si, si, ça a super bien marché... en maternelle... Ouais....
Bref, Mlle N. est très gentille, veut bien faire, fait son cours en fonction de nos demandes, mais ne fait que lire des livres et n'a jamais vu un 4ème de sa vie...
On a eu aussi le cours de Psychologie de l'Adolescent. Bon, ça, c'était drôle au moins. Le « formateur » est un rigolo. J'ai appris deux-trois trucs. J'ai appris notamment qu'il y avait 4 types de personnalité : les névrosés, les psychotiques, les pervers et les états limites. Je sais désormais que je suis une névrosée angoissée avec quelques doses de névrose obsessionnelle. J'ai réussi à placer toute ma famille ou presque dans les névrosés d'ailleurs... Marrant hein ! Bref, à l'adolescence, on teste un peu toutes ces personnalités pour finir par en choisir une. Donc c'est le bordel quoi.
Au moins ces cours-là passaient assez vite.
Et puis il y a eu le cours de philo... qui a commencé par un « imaginez l'élève idéal que vous vouliez avoir avant d'entrer dans la salle de cours lors de votre premier jour ». Tout le monde joue le jeu et donne des qualités de cet élève idéal. Au bout d'un quart d'heure, il regarde le tableau où toutes les qualités étaient notées : « qu'est-ce que vous remarquez ? C'est l'élève parfait ! Il n'existe pas ! »
Euh... oui... c'était le but du jeu, non ? Recherche de la surprise raté...
S'ensuit alors un extrait vidéo : un reportage sur les adeptes de Krishna, une religion déjà classée comme secte. Discours du prof : « regardez comme ces élèves sont gentils, travailleurs, intéressés par ce qu'ils apprennent ». Evidemment les pauv' gosses sont complètement incapables de penser par eux-mêmes et ne font que dire que leurs parents ont trop raison de vivre comme ça. Mais soit-disant, les élèves parfaits qu'on avait décrit, c'était eux... Je crois que j'aurais pu hurler tellement c'était gros, faux et manipulateur de sa part de dire un truc pareil ! A croire que je lisais la presse à scandale pour voir des raccourcis pareils !
Au deuxième cours, on parlait d'exiger un minimum de calme dans nos cours et il nous balance une vidéo d'un chien shooté au Prozac (mais qui, du coup, est beaucoup moins brassouille et beaucoup plus gérable pour sa maîtresse !) et le procès d'un nazi qui dit qu'il a fait qu'obéir aux ordres... Super...
Je sais toujours pas comment empêcher Kévin de cracher sur Pierre-Maxime !
Mais là, je te parle uniquement des cours « transdisciplinaires ». Ceux auxquels on a tous droit. Ceux du mardi. Et il y en aura d'autres encore... Mardi prochain, on a encore Philo et un autre truc "Analyse de Pratiques". Je crois que c'est le fameux cours qui ressemble tant à une Thérapie de Groupe.
"Bonjour je m'appelle Zzaz, je suis prof d'anglais" "Bonjoooooour Zzaaaaaaz."
Le vendredi, on a les cours spécifiques à notre discipline. Généralement, ces cours sont nettement plus utiles puisqu'on y apprend à faire de jolis cours, motivants pour les élèves et tout et tout.
Nous avons deux formatrices principales qui interviennent ; ce sont celles qui viennent ensuite nous dire si on est des profs minables ou encore pire que ça.
Il y a M., plutôt franc-du-collier et parfois un peu pète-sec, elle dit toujours ce qu'elle pense, même si ça fait mal. Et il y a I. qui fait toute gentille, toute douce, mais que tout le monde nous dit qu'il faut se méfier car elle manipule le coup de couteau dans le dos de manière fort habile.
I. Et M. sont les purs produits des dernières Instructions Officielles qui prônent un apprentissage avec l'élève au centre, un repli de l'enseignant qui doit s'effacer et uniquement travailler à partir de ce que demandent les élèves. L'excellent prof doit même créer le besoin de communication chez l'apprenant.
Mouais, moi, dans la classe verte, j'ai réussi à créer le besoin de communication en séparant les bavards, comme ça ils sont obligés de se parler à voix haute...
Donc I. et M. nous encouragent à ne suivre qu'une seule façon de faire. A les entendre, tous les élèves vont progresser parce qu'on va toucher du doigt (et j'insiste là-dessus car on n'a pas vraiment le droit de faire de la grammaire, et encore moins des exercices d'application) un point important de la langue, qu'on va y revenir dans deux mois vite-fait et donc que ça suffira... « L'élève vif aura capté ! »
Et l'élève pas vif ? L'élève qu'il faut prendre par la main parce qu'il a toujours pas compris qu'en début d'heure, on ouvrait pas le cahier mais qu'à la fin de l'heure, il fallait copier la leçon et l'ouvrir cette fois le cahier... Il a compris comment on construisait une question sur la fréquence lui ? Il a vraiment compris la différence entre How often do you ski ? et Do you often ski ? si j'ai fait qu'écrire les deux au tableau ?
Peut-être as-tu déjà perçu les commentaires de M. qui est venue me voir jeudi dernier...
Le problème, c'est qu'elle a repris point par point ma séance et qu'elle n'a fait qu'appuyer sur ce qui allait pas.
Je fais tout de travers. Je prends le cours à l'envers. Je donne trop aux élèves
(« s'ils savent pas, tant pis, tu passes à autre chose, mais tu leur donnes pas ! » Ouais, enfin, j'avais quand même prévu de faire le conseil là quand même, alors s'ils trouvent pas le mot « conseil », faut bien que je les oriente quand même, non ? « non, tu fais ton point de grammaire sur autre chose ou même mieux, tu fais pas de point de grammaire » tant pis pour le bel exercice avec SHOULD que j'avais fait de mes mains moi-même pour les devoirs, c'est pas grave, ils auront pas de devoirs...).
Je suis pas assez en retrait donc. Je fais cours comme il y a 15 ans (ouais, en gros, comme j'ai eu des cours en tant qu'élève, mais en même temps on m'a pas appris à faire autrement hein...).
Pire, l'insulte ultime pour moi: "tu reviens trop souvent au français"... Ah... Moi qui me TUE à faire que de l'anglais!... Certes, la discipline, je la fais en français. En même temps, il est urgent d'obtenir le calme alors faut bien être sûr qu'ils comprennent... Quand certains ne comprennent même pas la consigne "Read the text", faut bien admettre que lui dire "Ferme ta gueule sale merdeux sinon tu vas souffrir" en anglais, ça risque d'être trop compliqué quand même...
(Je ne parle pas tout à fait comme ça aux élèves quand même)
Sachant que la classe verte, juste avant, avait été infecte (retour en enfer) et donc que je me sentais particulièrement nulle d'être incapable de gérer la discipline, ce bilan très très mitigé d'un point de vue pédagogique a fini de me détruire ce soir-là.
Je me suis demandée pourquoi je faisais ce métier. Je me suis dit que j'avais pas passé le concours pour ça du tout. Que je comprenais pas comment les autres pouvaient accepter des conditions de travail pareilles. Qu'il fallait que je trouve autre chose...
Hier, à l'IUFM, j'ai parlé avec les deux autres filles qui ont reçu la visite de M. Elle leur a dit exactement la même chose...
Je me sens donc beaucoup mieux. Je ne culpabilise plus. Je suis pas une prof d'aujourd'hui, à la pointe de la-parole-à-l'élève-et-le-prof-au-fond-de-la-classe-qui-observe-d'un-regard-satisfait-que-les élèves-font-cours-tout-seuls-et-ont-pas-besoin-lui. Tant pis, je saurai peut-être bien leur enseigner un peu d'anglais, même si c'est à « l'ancienne ». J'ai bien appris comme ça moi. Comme toute ma génération. Et je suis pas persuadée que ma génération était moins bonne en anglais que la nouvelle... Au contraire...
Je vais donc essayer de "jouer le jeu IUFM" au maximum cette année et pis l'année prochaine, c'est la quille!
Et très vite, la quille dans le supérieur aussi!
La bonne nouvelle cette semaine, c'est que j'ai le weekend entier pour moi. J'ai tellement bien avancé ces derniers temps, que j'ai juste un transparent à faire pour lundi, un nouveau plan de classe pour la classe verte à établir, un contrôle des verbes irréguliers à préparer pour jeudi et imprimer les demandes d'autorisation des parents pour laisser leurs ptits nenfants de la classe orange utiliser Internet avec moi pour pouvoir communiquer avec une classe américaine de l'Illinois pendant l'année.
Seul véritable moment agréable cette semaine : les gamins ont sauté de joie quand je leur ai annoncé le projet ! (Lundi, j'étais pourtant ravie d'avoir pu tenir la classe verte, mais vu leur comportement jeudi, c'est comme si c'était tout effacé).
12:21 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : iufm, formation, professeurs
15.10.2009
News en vrac
* La semaine a nettement mieux commencé que la semaine dernière: mes deux premiers cours ont a peu près fonctionné ET j'ai réussi à avoir un calme relatif avec la classe verte lundi; hier c'était plus difficile mais presque réussi aussi, mais bon, en même temps, quelle idée j'ai eu de faire faire du travail à deux, ils sont encore pas mûrs!
* Hier, M. s'est ENDORMI en classe. Oui, oui, endormi! A la manière de St Preux quoi!
* Hier, M. a été exclu de classe, à la seconde où il a été réveillé. J'ai même pas eu un instant de remords! Juste un peu de crainte qu'il ne se calme pas pour autant...
* Cette nuit, de 4h30 à 6h30, je ne dormais pas. C'est sans doute parce que j'ai ma formatrice IUFM qui vient me voir cet aprem et que, quand j'y pense, j'ai l'impression que ça va tout rater... C'est pas un stress digne de l'agreg mais ça fait bizarre de ressentir à nouveau ces choses-là!
* Depuis presque un mois, Mister T. me prépare le petit dej les matins où je bosse. Dès que je sors de la douche, tout est prêt! Et même, occasionnellement le weekend, j'ai droit à mon petit dej au lit. Finalement, je commence à me dire que ça sera pas très intéressant qu'il trouve un travail!
* Ayé, il fait froid. Pendant les vacances, il faut que j'aille claquer mon salaire pour acheter des bottes (youhou!), un manteau (youhou!) et plein de fringues plus chaudes pour aller bosser!
* Il faut absolument que je contacte ma copine Sandrine pour qu'on se voit! Faut qu'on arrête de se le dire et qu'on le fasse!
* Mardi, le cours de philo de l'IUFM était presque utile. Et là, ça mérite un César d'honneur!
* J'ai commencé un petit poncho pour Océane au tricot. (J'avais mis les modèles ici, comme quoi ça date...) Autant l'ensemble n'est pas très réussi à mon goût, autant le poncho, il va être superbe!
* J'ai peut-être bien trouvé une classe américaine, située à côté de Chicago, pour faire l'échange avec la classe orange. La classe orange a été enchantée de cette idée quand je leur ai expliqué hier. Et ça, c'est cool! :)
* Vivement ce soir que la visite soit passée car j'aurai un bon poids en moins. Ensuite, vu l'avance que j'ai prise, je devrais être tranquille jusqu'aux vacances et ce weekend sera mon premier vrai weekend de l'année! YOUHOU!!!
* Le rectorat de Lyon ne m'a TOUJOURS pas envoyé le papier nécessaire pour faire valoir mon année de pionne d'il y a des années lumières. Pire que la sécu, la CAF et l'ANPE réunis: les rectorats!
* Lundi prochain, je suis conviée à une réunion de toute l'équipe d'anglais du collège + le principal + l'inspectrice qui viendra certainement m'inspecter en cours d'année. C'est une réunion pour la mise en place des classes européennes dans le collège l'année prochaine. Mon tuteur officiel sera là, je vais enfin le rencontrer. Il sera de retour au collège à la rentrée de Toussaint.
* Je sais toujours pas quand je vais pouvoir te parler de l'IUFM et en plus, plus ça va, et plus je crée le suspense, et plus il va falloir être à la hauteur...
* C'est tout... pour le moment!
09:19 Publié dans Enseigner/Apprendre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
11.10.2009
Une semaine en enfer
Oui, mieux que Bruce Willis. Une semaine entière!

La semaine a été dure.
Après un weekend passé entièrement à bosser sur ma séquence (celle que j'invente de bout en bout), je me suis pointée lundi matin au collège, la fleur au fusil en ayant dormi... 2h. Oui, j'ai fait que penser à ma séquence, à mes cours, à des détails de la foule de choses que j'ai à faire/penser/demander...
La classe orange arrive, il est 8h30. Ils sont aussi endormis que moi. Le cours se passe. Pas exceptionnel, mais ça va.
A 10h, j'ai du aller voir le cours de 6ème de ma tutrice. Décidément, j'y apprends rien d'extraordinaire. Et je regrette de passer mon temps au fond de son cours alors que je pourrais peaufiner les miens/aller demander ce que j'ai à demander/repérer la salle informatique pour mes échanges de mails/repérer le matériel vidéo pour montrer des films ou autres.
Encore une fois, ma tutrice est très gentille hein. Mais elle savait même pas qu'un vidéoprojecteur existait dans l'établissement ! Elle fait écrire le cours à ses 6ème en même temps qu'elle l'écrit au tableau (il ne faut jamais O grand jamais faire une chose pareille ! c'est complètement anti-pédagogique ! ) (il se trouve que je suis d'accord avec ça d'ailleurs)... Bref, je suis pas certaine d'apprendre grand-chose avec elle. Heureusement, j'ai eu confirmation cette semaine que mon vrai tuteur devrait revenir à la rentrée de Toussaint. En même temps, je sais ce que je quitte, mais pas ce que je trouve...
Bref, impression de perte de temps puis, ensuite, la classe verte, toute pimpante de son weekend et, à 11h du matin, la faim dans le bide et l'esprit bien réveillé, ils ont été tout bonnement infernaux.
En même temps, si j'y regarde de près, pas beaucoup plus que certaines fois. C'est juste que comme je les avais pourris le jeudi précédent, je pensais qu'on était reparti sur de bonnes bases.
Le jeune prof est naïf.
Quand enfin la sonnerie (ou le bruit bizarre qui fait office de) a retentit, j'ai peut-être été encore plus soulagée qu'eux. Ils sortent tous les uns après les autres jusqu'au moment où il n'en reste que trois et moi. Deux garçons (pas les plus pénibles, mais pas les plus angéliques non plus) discutent, à voix haute, pendant que je range mes affaires :
« - C'est trop nul les cours d'anglais cette année » dit D.
(D. est un petit prétentieux qui aime beaucoup la ramener alors que franchement, y'a de la place pour progresser. J'ai appris mercredi que D. essaie sans cesse de piéger, en vain, la jeune prof d'histoire-géo aussi.)
« - Non mais c'est pas ça, c'est juste qu'il y a beaucoup plus de bruit que dans les autres cours » dit H.
Brave H. (avec une lettre pareille, vu la mode actuel, je pense que tu auras peut-être même deviné le prénom... et non, c'est pas Henri ou Hippolyte... heureusement pour mon grand-père !), je disais donc, brave H. qui lui, a remarqué que la prof était là, et qu'il serait bon de pas trop se faire remarquer pour pas se faire saquer au prochain contrôle.
Soyons clair, j'ai pas eu très envie d'être sympa avec D. le bavard-qui-voudrait-moins-de-bruit-pour-se-concentrer quand j'ai corrig2 les tests sur 10 de vocabulaire et quand j'ai attribué la première note de participation et d'oral de l'année hier !
Non seulement, je savais que mon cours s'était mal passé et en plus je me prends cette réflexion dans la gueule.
Tout ce que ma tutrice sait me dire à tout ça c'est « ah bah ça, ouais, y'en a qui sont comme ça, ah ouais ». Encore une fois, elle est super compatissante mais bon, aucune solution là quoi.
Et dire qu'on est que lundi midi !
Je continue donc si tu le veux bien. Vu que je vois plus ma psy depuis quelques mois, ça me fait du bien de parler là ! :P
Lundi midi, quand je suis rentrée chez moi, j'ai pleuré un bon coup.
« Chuis trop nulle ! » « Je vais jamais y arriver ! » « Mais pourquoi j'ai voulu faire ce métier, il est trop chiant, trop dur, trop ingrat ! » « Y vont avoir droit qu'au bouquin à la noix ces imbéciles ! »
Et aussi : « m'en fous, mercredi, la première colle tombe ! ».
Mardi, IUFM. Une journée à l'IUFM comme une autre. En particulier comme un mardi à l'IUFM. Et en particulier le cours de philo du mardi à l'IUFM... *gros gros gros soupir*
Mercredi, je me pointe déterminée. Remise de mes émotions bien que crevée toujours par mes incessantes pensées pour le boulot (genre, je me réveille le matin vers 5h30 ; à 5h30 et 5s, je pense au boulot ; et c'est comme ça jusqu'à ce que je me lève car je peux plus me rendormir), je récupère ma classe verte après la récré.
Superbe performance de leur part ! Encore une fois. Sauf qu'aujourd'hui, j'avais des flash-cards. Et les flash-cards, il faut qu'ils participent et que ce soit le zouk, sinon ça marche pas. Et là, pour le coup, ça a marché du tonnerre de Dieu ! Et la colle me semblait être une aberration si je voulais compter sur leur collaboration pour faire marcher le cours.
Pas grave, je me rattraperai jeudi.
Jeudi, c'est aussi le jour où ma tutrice peut venir me voir. Heureusement, seulement avec la classe orange.
Jeudi donc, je commence avec les terribles. Contrôle de vocabulaire. Silence religieux, si, si. La dernière fois, j'ai distribué des -2 quand y'avait bavardage et là, je confisque même le devoir de l'un qui discute trop. C'est M.
M. est né aux US. Il a eu une fille au pair quand il était petit qui était sud-africaine et qui lui parlait qu'en anglais. Il a presque tout gardé. De plus, il a un père américain qu'il ne connaît pas mais, et je pense que c'est sa motivation principale pour être aussi bon en anglais, qu'il compte bien trouver un jour.
Mais M. est aussi un emmerdeur, un bavard, un grand gaillard que s'il n'avait pas ce visage encore un peu poupon, tu lui donnerais 18 ans. Il sait pas encore quoi faire de ses bras M. Et son meilleur copain, physiquement encore coincé dans un corps de 6ème, lui arrive au nombril ou presque. M. aime rire, se lever et s'en foutre du cours.
Et M. est aussi l'heureux lauréat de ma première colle en tant que prof !
En voici la preuve.
Il l'a eu surtout parce qu'il fait souvent mine de pas savoir qu'il a une punition. La seule fois où il s'en est souvenu, il l'a fait pendant le cours. Pas pratique pour suivre ce que je disais. Alors je l'ai déchiré et lui ai demandé de faire le double pour la prochaine fois. Il oublie. Une fois, deux fois. Mot sur le carnet. « Quoi Madame, vous aviez mis un mot ? » Je sais pas comment je peux être aussi naïve, mais je lui ai laissé encore une chance. Il vit chez sa grand-mère. Sa mère vit à l'étranger et rentre environ tous les 15jours (supers parents, ouais !). Mais M. ne veut pas faire signer ses mots à sa grand-mère. Alors forcément, il a encore oublié.
Il a pris la colle.
Ouais mais.
Le jeune prof manque de sens du timing.
Ma colle est passée quasi inaperçue. Elle n'a eu quasi aucun effet sur le reste de la classe.
Comme quoi, ça sert pas à grand-chose de se la garder au chaud pendant un mois, la colle. J'aurais peut-être mieux fait de la donner dès la première semaine !
Je sais vraiment pas quoi faire avec eux ! :(
Puis, à l'heure suivante, ma tutrice vient voir mon cours avec la classe orange. Il se trouve que c'est l'un de ceux que j'ai le plus magnifiquement raté depuis le début de l'année... Elle a trouvé que mon document audio était trop dur. (Comme quoi, y'a pas que les élèves qui s'habituent aux docs trafiqués des manuels... Faites que je ne devienne jamais comme ça. Ou plutôt faites que j'enseigne en fac avant de devenir comme ça!)
Normal qu'ils trouvent ça dur, je suis les directives officielles moi : de l'authentique ! Et non la mouise neuneu des bouquins avec la ptite musique rigolote entre les units !
Du coup, pendant le quart d'heure feedback, je lui montre le reste de ma séquence, que je vais faire pendant la semaine prochaine. Mercredi, j'avais prévu une compréhension écrite d'un article de journal britannique qui me permettait, ô miracle, d'introduire mon point grammatical parfaitement. C'était une collègue stagiaire qui me l'avait filé. Elle l'avait fait avec ses 4ème aussi et ça avait bien marché. Pour jeudi, j'avais prévu LE doc qui avait motivé toute ma séquence : un article sur comment manger mieux dans le sens « manger doucement », « mâcher », « apprendre à sentir sa faim », « réduire les portions » etc...
Le premier texte, elle essaie péniblement de me dire « je crois que ça va être trop difficile ». Le deuxième, elle ose à peine le lire.
Personnellement, je trouve qu'elle manque souvent d'ambition avec ses élèves, qu'elle est trop défaitiste et résignée « ils sont nuls, c'est irrattrapable ». En même temps, c'est peut-être mon parcours d'agrégée qui me donne des ambitions aussi ambitieuses parce que je m'ennuie quand même un peu avec ce que je dois leur enseigner. Mais quand même, elle manque pas mal d'ambition je trouve et c'est dans compter sur le fait que...
Le jeune prof est idéaliste.
Alors moi, je vais essayer quand même.
Vendredi, re demi-journée à l'IUFM. Je discute avec Marie, ma co-voitureuse au retour et je lui fais part de mon grand désarroi, de ma fatigue, de mon ras-le-bol de n'avoir que mon boulot dans ma vie et qu'en plus il me bouffe complètement. Elle m'a conseillé ardemment de ne pas travailler du weekend. Je savais au plus profond de moi qu'elle avait raison.
Par contre, d'en avoir parlé, je suis rentrée chez moi et j'ai encore pleuré comme une imbécile.
Dans l'après-midi, j'ai voulu finir le reste de ma séquence pour la semaine prochaine. Je me suis donc attelé à l'étude, l'analyse et la mise en œuvre des activités autour du document difficile numéro 2, celui qui a motivé toute la séquence.
A mon grand désarroi (et j'ai encore pleuré), j'ai du m'en séparer. J'ai déplacé l'autre texte à jeudi et ce sera là-dessus que ma tutrice et ma formatrice IUFM pourront me jauger (ou juger, c'est selon). Ma tutrice, je l'espère, verra comment faire un truc un chouia ambitieux avec des 4ème et ma formatrice me verra au moins sur un truc que je pense maîtriser comme il faut.
Je ne devais pas travailler hier. Je me l'étais quasi promis. (peut-être que c'est le "quasi" le problème dans cette phrase) Mais vu qu'il a fallu refaire une partie de ma semaine prochaine vendredi après-midi, j'ai du bossé hier matin. Et finalement, aussi hier après-midi (copies à corriger de m**** ! je vais arrêter de leur en donner autant des devoirs !).
Aujourd'hui, alors que tu lis ça, je suis allée voir ma nièce. Pas vue depuis 3 semaines. Boulot de tarés !
Mais la semaine prochaine ne s'annonce pas particulièrement reposante de toute façon. Vivement les vacances !
08:16 Publié dans La classe verte | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10.10.2009
Tamiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiflu!
Entendu ce matin sur France Inter, pendant que je faisais la vaisselle!
12:24 Publié dans Petits Plaisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dany moreau; tamiflu; chanson; grippe h1n1
02.10.2009
Mea Culpa
Oui je sais.
Je suis une blogueuse ratée.
Presque 15 jours sans donner de nouvelles. Je m'excuse platement...
Mais qu'est-ce que tu veux, j'ai un travail maintenant !
6h de cours par semaine, ça occupe ! Même pire : ça épuise ! ça court-circuite le cerveau ! et ça fait même revenir mes lointaines insomnies ! Damned !
Bon alors, précisons quand même. Tu saaaaiiiiiis hein. C'est 6h de cours devant les élèves mais ça compte pas le boulot à côté.
Et puis y'a les deux journées entières coincées à l'IUFM aussi.
(Faut que je te raconte l'IUFM aussi d'ailleurs. Même si pour l'instant, c'est moins folklo que prévu. Et même - O grand étonnement - parfois utile !!!)
Mais revenons à ma vie de folie si tu le veux bien.
Si tu me connais un peu, tu saaaaaiiiiiis aussi que je veux toujours trop bien faire.
Je veux bien l'admettre.
Mais là, il se trouve que j'ai vraiment, mais vraiment hein, beaucoup de marge de progrès !
Pourtant, quand ma tutrice est venue voir mon cours il y a 15j, elle a pas trouvé si mal. J'ai raté quelques trucs mais pour la plupart, j'en avais conscience. Alors pas de mauvaise surprise. Mise à part sur le fait que j'étais trop laxiste niveau bavardage avec la classe orange. Faut vraiment que je sévisse là. En fait, ça me fait mal, mais si ça se trouve la première colle va tomber chez les « gentils ». Et la classe verte passera en deuxième !
Ma tutrice, c'est une prof d'anglais du même établissement que moi. Il se trouve que je devais d'ailleurs avoir un tuteur. Mais il se trouve aussi qu'il a un petit problème à régler avec son foie. Du coup, ma tutrice n'est qu'une tutrice de remplacement.
Soyons clair tout de suite : elle est très gentille et elle répond à toutes mes questions.
Mais (bah évidemment qu'il y avait un mais), elle n'est pas très au courant des derniers programmes, des exigences de l'IUFM et du matériel high-tech disponible dans l'établissement. Dommage car j'ai un peu besoin de tout ça...
Elle fait des exercices à trous, des vrai-faux, des QCMs et suit le livre presque religieusement. Pourtant, elle veut « innover » mais elle a du mal à sortir de ses habitudes. Elle a été bluffé par mon premier transparent créé par mes soins via Word, Google Images et mon imprimante. Elle a même été le montrer immédiatement à son mari le prof de sport EPS. Je lui ai expliqué le principe de Google Images mais elle n'a pas réussi à copier les fichiers...
Bref, je lui jette pas la pierre hein. Elle est d'une autre génération, c'est tout. Rien de mal à ça. Et d'ailleurs, sur certains points, son expérience est plus que rassurante. Mais plus concrètement, les aides pédagogiques qu'elle me donne me servent... à rien.
L'IUFM veut qu'on crée nos propres séquences. Même en collège.
Au fait, « séquence », c'est le mot qu'on donne à un groupe de cours (ou « séances ») qui portent sur le même thème et qui vise à la réalisation d'une même « tâche finale ». La « tâche finale » (et c'est là la grande nouveauté des derniers programmes), c'est un but très concret, un projet que doivent réaliser les élèves une fois qu'on leur a donné les outils pour le faire. Un truc qui leur fait comprendre que parler anglais, c'est pas seulement un truc qui se passe dans une classe.
Je sens que tu as besoin d'un exemple.
Prenons (au hasard complet !) la séquence que je suis en train de réaliser.
J'ai choisi le thème des « Eating Habits ». Autrement dit, les habitudes alimentaires (et plus largement l'hygiène de vie).
Pour la tâche finale, j'ai décidé que les élèves feraient une petite brochure (assez simple) qui donneraient des conseils sur ce qu'il faut manger, comment manger et les nécessaires exercices physiques. Aujourd'hui, en en parlant à l'IUFM (comme quoi ça sert un p'tit peu), j'ai réalisé qu'on pourrait aussi éventuellement faire des affiches qu'on pourrait exposer au CDI. Donc là, je sais plus trop quoi faire. Comme ça se présente, je vais sans doute faire les affiches avec la classe verte et les brochures avec la classe orange.
Toujours est-il que pour réaliser la brochure ou le poster de conseils, les élèves auront besoin de voir/revoir le vocabulaire de la nourriture et du sport. Ils vont devoir aussi rebrasser la fréquence (combien de fois par jour/semaine tu manges des légumes/fais du sport). Et puis on va apprendre à donner des conseils via le modal SHOULD.
Je désespérais de trouver un document « authentique » (entendre « pris sur Internet et aussi peu trafiqué que possible ») dans lequel j'avais SHOULD. Mais finalement, une copine d'IUFM m'a refilé LE doc idéal qu'elle avait elle-même utilisé avec ses 4ème ! (comme quoi ça sert un p'tit peu plus l'IUFM).
J'ai aussi prévu de travailler sur des petits cartoons (ceux qui apparaissent dans cet article), quelques proverbes (« You are what you eat », « An apple a day keeps the doctor away »...), sur deux docs audio de gens qui parlent de tout ce qu'ils mangent mal, et de tout ce qu'ils font comme sport, un texte sur « comment manger », une « pyramide de la nourriture » du Ministère de l'Agriculture américain et deux brochures de conseils (une canadienne et une australienne).
Je réponds donc à certains critères incontournables : documents authentiques, variés (c'est-à-dire audios, textuels, iconographiques mais aussi de différents pays) et utiles à la tâche finale.
Passionnant mon boulot hein.
Sauf que ça m'a pris une semaine et demi pour rassembler tout ça et que j'ai encore besoin d'à peu près autant pour mettre en place le détail de la séquence pour chaque cours, en détaillant chaque activité (il faut que les élèves aient constamment quelque chose à faire, sinon, génération d'hyperactifs, ils s'ennuient les pauv' choux).
Bref, c'est pas simple !
Et j'ai que 6h par semaine. Que deux classes. Du même niveau...
Gros soupir.
Je me moque mais en fait, c'est sympa à faire quand même; c'est juste interminable et très difficile!
Cette nuit, j'ai donc mal dormi.
Rectification, cette nuit, j'ai peu dormi.
Malgré une fatigue énorme hier soir (je me suis endormie au deuxième reportage d'Envoyé Spécial, pourtant je trouvais le sujet intéressant !), à 3h du mat, après seulement 4 petites heures de sommeil, en gros, je me suis réveillée et je n'ai fait que penser au boulot jusqu'à 6h15 (j'ai pu dormir quand même à nouveau une petite heure). Vers 3h45, avant me lancer dans quelques pages d'un bon vieux Dickens interminable (qui n'a pas fait effet de somnifère pour autant), j'ai même fait cette liste pour essayer de me vider la tête de toutes les choses qui m'obsédaient :
- donner la fiche de méthodologie sur les verbes irréguliers à N. et B. qui étaient absents mercredi
- voir J., un de mes ch***** de la classe verte qui était absent jeudi quand j'ai littéralement incendié la classe parce qu'ils avaient été en dessous de tout sur le contrôle (ce qui n'était pas tout à fait vrai) tout simplement parce que c'était que des gros bavards et qu'il était parfaitement inadmissible qu'on continue dans ces conditions et que dorénavant, quand ils entreraient, ce serait dans le silence, qu'ils sortiront leurs affaires à la page des devoirs pour que, alors qu'ils seront toujours debout et calmes, je vérifierai les devoirs et les punitions et que maintenant qu'ils m'avaient prouvé qu'ils pouvait pas travailler ET bavarder, j'avais fait le choix pour eux : ce sera travail. J'ai aussi ajouté que je ne pensais pas qu'un seul d'entre eux était irrattrapable s'il voulait se mettre au travail (et ça non plus, c'est pas tout à fait vrai). D'ailleurs, ça n'a pas si mal marché mon coup de gueule, à voir lundi... (évidemment, j'ai pas mis tout ça sur ma liste)
- voir M. G. le principal pour son autorisation pour la mise en place d'un échange d'emails entre la classe orange et une classe étrangère de je sais pas où encore pour l'instant
- me renseigner sur le matériel informatique ammenable en classe (est-ce que je pourrais faire de la vidéo ??? apparemment une autre prof d'anglais le fait mais ma tutrice ne m'avait pas expliqué que c'était possible...)
- tester l'enregistrement des MP3 de mes deux docs audio sur CD que je vais copier lui-même sur K7 (j'ai peur que la gravure des MP3 sur CD réinscriptible ne fonctionne pas, ou plutôt ne puisse pas être lue par le lecteur CD-K7 acheté à 0.90€ sur eBay (si, si, 19€ de frais de port par contre))
- repérer la salle informatique (sinon, l'échange d'emails, si je trouve pas la salle, ça va être coton...)
- demander à la secrétaire comment qu'on fait pour entrer les notes des élèves dans l'ordinateur
- faire les fiches d'auto-évaluation pour les distribuer aux élèves lundi
Pour m'achever, j'ai appris aujourd'hui que ma première visite des formatrices aura lieu dans moins de 15jours. Je suis la 3ème de la classe à y avoir droit. Et je trouve que c'est super tôt dans l'année encore.
Mais bon, c'est comme les oraux des concours, on choisit pas la date de convocation et faut bien faire avec !
Au moins, elle verra ma toute première séquence conforme aux IO (Instructions Officielles) composée par moi-même à la sueur de mon front.
Et en fait, je crois que c'est même pas moi qu'il faut plaindre.
Il faut plaindre Mister T. qui, après avoir du me supporter pendant deux longues années de concours ponctuées de coups durs pas toujours faciles à gérer, doit se farcir mes constantes références au boulot, aux gamins, aux collègues, à l'IUFM... Je suis insupportable, je ne parle que de ça. Même moi, je commence à me saouler sévère ! D'ailleurs, quand ça commence à m'empêcher de dormir, c'est pas bon signe.
Et en plus je regarde Dawson en rediffusion sur TMC tous les soirs pour me détendre. Ayé, j'ai avoué. Je me sens mieux. (Je précise qu'en face, y'a Charmed sur W9, je pense que je pourrais faire encore pire donc).
Vraiment, il a du mérite Mister T.
Moralité : sois satisfait de ne pas avoir de mes nouvelles plus souvent. Je ne suis absolument pas intéressante !
19:39 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : débordée, travail, iufm, insomnie


















