23.07.2009
Cherche, trouve, déménage
Ayé, on a trouvé le logement de nos rêves!!!!
Ce ne fut pas une mince affaire car n'étant pas encore salariée et Mister T. ne l'étant pas encore non plus, les agences ne voulaient pas prendre en compte notre future situation de septembre (et ma paie mirobolante d'agrégée surtout - enfin, pas tout à fait mirobolante encore mais dès l'année prochaine, ça grimpe TRES vite)...
Il a donc fallu passer par des particuliers. Histoire de pouvoir discuter un peu, expliquer la situation quoi. Les rassurer.
Oui mais, il n'y a pas tant de particuliers que ça qui décident de s'occuper tout seul de la location de leur logement. C'est du boulot mine de rien!
Et puis, les particuliers qui font ça, ils ont pas tous des apparts en super état quoi.
Alors on désespérait. On faisait des voyages à la Nouvelle Ville presque tous les jours. Pour rien.
Puis on en a trouvé un. Pas exceptionnel. Au rez de chaussée dans un quartier hyper blindé d'immeubles, exposé à l'est et une cuisine qui donnait sur la porte d'entrée de l'immeuble et sur l'interphone.
Ouais mais on commençait à désespérer alors on allait le prendre quand...
... l'Appart est arrivé!
Bon, l'Appart, c'est vite dit car il a aussi ses défauts.
Mais il a quand même de sacrées qualités.
Déjà, il a plein de places pour se garer car le parking de l'immeuble est loin de tout (pas comme ici où tous les malins qui veulent aller en centre-ville viennent se garer devant notre porte!). C'est presque la campagne. On entend les tondeuses les oiseaux, c'est super!
C'est un petit immeuble de 2 étages. On sera au 1er. Pas d'ascenseur, donc moins de charges. Et moins de monde aussi.
Le quartier est ultra calme. Complètement résidentiel. Et je soupçonne, un peu huppé. Enfin, toute la commune ou presque est huppée.
(Marrant ce mot "huppé").
L'appartement est un 2 pièces. Adieu le 3 pièces dont je rêvais pour me faire un bureau tranquille mais c'était presque inévitable car la Nouvelle Ville est encore plus huppée que la commune où le logement est situé. (La commune est limitrophe à la Nouvelle Ville).
Mais la cuisine est très grande. Elle s'ouvre sur un petit balcon abrité exposé PLEIN SUD! Le salon, à côté, est d'une belle taille aussi et donne aussi sur le balcon/terrasse de plus de 5m² en PLEIN SUD si j'ai oublié de préciser).
Puis il y a la chambre, grande aussi.
En fait, tout paraît grand alors qu'en fait, il fait exactement la même taille que là où on est pour l'instant, sauf qu'il n'y a pas deux grands couloirs qui font perdre de la place!
Salle de bains avec une petite baignoire et un super grand placard.
Sur le balcon PLEIN SUD, j'ai oublié de préciser qu'il n'y avait aucun vis-à-vis (ça aussi, ça nous changera!) et une super vue sur la Nouvelle Ville et sur le lac de la Nouvelle Ville (là, c'est un indice, car des villes qui ont un lac, y'en a pas tant que ça et vu le jour où je publie ça, t'as forcément du en entendre parler à la télé!).
Les inconvénients:
- moquette au salon (on est pas chez Joey!)
- chauffage électrique (mais apparemment, le PLEIN SUD fait que si il fait soleil, y'a pas besoin de trop chauffer)
- cuisine non aménagée alors qu'on a juste un frigo et un petit four. On n'arrivait tout simplement pas à trouver une cuisine équipée, ou tout du moins meublée. Conforama, nous voilà!!!
Donc voilà, on déménage.
On a les clés le 3. On déménage à deux le 4 et probablement le 5 aussi du coup; ça va être rude!
Peut-être que bientôt, je serai encore plus muette car la connexion internet sera bientôt coupée... Et qui sait quand on en retrouvera une!
Alors pour te faire patienter, je te présente le film Juno.
C'est l'histoire d'une ado de 16 ans qui tombe enceinte. Le sujet d'une grossesse à cet âge y est abordé avec humour et justesse. Juno n'est pas une abrutie assez idiote pour tomber enceinte, enfin si, elle tombe enceinte bêtement mais c'est pas le sujet du film. Elle fait preuve d'une certaine maturité et montre que "ça peut arriver à tout le monde". Elle n'est pas une reine de la promo, elle n'est pas une loseuse totale. Elle est juste une ado un peu rebelle, un peu cynique, un peu cliché, un peu tout ça.
Oh et l'actrice qui joue l'ado a été nommée aux Oscars pour ce rôle; ça gâche rien...
Si tu veux le voir, achète-le, loue-le, télécharge-le ou vole-le, mais je te le conseille.
Voici un extrait du film. Juno rencontre les parents adoptifs qu'elle a choisi pour son bébé. Elle a décidé de le laisser à Sydney Bristow...
Comme l'extrait est réglementé par le distributeur du film, je peux pas l'intégrer à mon post; il te faut donc cliquer sur le lien et c'est ici.
19:21 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : déménagement
16.07.2009
Aujourd'hui, je suis agregée!
Bon, bah voilà. Gros "anti-climax" car j'ai rien de plus à vous dire que ça:
JE SUIS AGREGEE D'ANGLAIS!
Ouep.
Tout ça pour ça quoi.
2 ans de fichues galères, de sacrifices dans tous les sens, de boulot monstrueux pour être ce que j'ai toujours (enfin, depuis ma 1ère année d'études d'anglais) voulu être.
Comme quoi un rêve, c'est fastoche!
NON MAIS CA VA BIEN?
C'est absolument ENORME ce qui m'arrive!
En plus non, seulement je finis pas 128ème sur 128, mais 44ème (donc un classement tout à fait honorable, surtout pour quelqu'un qui a préparé seule!!!!)!
Je me tape des notes aux écrits entre 6.75 et 9.75, bien mais pas parfait quoi.
Et les oraux, je déchire trop (c'est là qu'il faudrait vraiment que tu puisses lire mon tome 2 des oraux... :( ): j'ai un magnifique 12 à la leçon, l'épreuve où j'en ai le plus ch** comme on dit vulgairement. Et puis mon anglais pourri me rapporte quand même 14.67! (je rappelle que 3 jurys ont noté pour donner cette note, autrement dit 9 personnes estiment que mon anglais oral vaut 14.67!). Et enfin, un magnifique 17 sur l'Epreuve Hors Programme, celle avec le tableau et que "je sentais bien"...
Le reste: 7.5 et 9... Tout à fait honorable à l'agreg!
Voilà donc normalement, je dis bien normalement, j'ai fini de t'enquiquiner avec les concours.
Pour fêter ma nouvelle vie, ce matin, je suis allée m'acheter ça:
Après tout, CAPES ou Agreg, on a tous besoin d'un cartable!
17:19 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : agrégation, anglais, résultats, 2009
15.07.2009
Heureux qui comme Pinou
a fait un beau voyage!
Je t'annonce ainsi la naissance un nouvel album photo sur Versailles.
Tu le trouveras donc sur la gauche de cet article, avec les autres albums (s'il n'y est pas encore, ça devrait pas tarder).
J'y ai mis les plus jolies car franchement, j'ai pas toujours été inspirée pour prendre mes photos cette fois!
Il faut dire qu'avec le nombre de personnes qu'il y a, c'est pas toujours facile:
- d'avoir un bon angle de vu
- d'éviter la quantité impressionnante d'autres touristes
- d'avoir le temps de prendre la photo quand tout le flot semble te pousser vers la salle suivante
- d'avoir la lumière nécessaire ("No flash!") ou encore d'éviter les reflets (mais pourquoi autant de miroirs!)
Et puis il faut que je te raconte le voyage de Pinou!
Tu l'as déjà rencontré.
Il nous a accompagné à Paris.
Il a particulièrement apprécié Versailles:
et ses jardins:
Même sa pelouse interdite d'ailleurs!
A Montmartre, il a apprécié la vue sur Paris!
(fallait bien décompresser quand même)
PS: Aujourd'hui, les résultats du CAPES devraient tomber...
Je croise les doigts et tout ce qu'il faut croiser pour Sandrine, Thomas, Ladybud, Hélène et plein d'autres!
09:00 Publié dans Petits Plaisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : visite, versailles
14.07.2009
Mes oraux d’agreg 3 – La Libération de la Femme
e voilà donc sans introduction, sans première partie, devant un jury qui me voit paniquer comme une folle...
« Je crois que j'ai oublié une partie de mes notes en loge ! »
(Ouais, on est des snobs, on prépare en « loge »)
Et là, le monsieur du jury, sympa, compatissant, dit « comment ça se passe dans ces cas ? on doit l'accompagner ? ».
Intérieurement, je soupire de soulagement et me voilà repartie en salle de préparation, le monsieur aux talons.
Il s'assure auprès des appariteurs que je peux bien entrer et je vais vite récupérer mes deux feuilles qui, effectivement, étaient restées retournées sur ma table après que je les eusse relues (pourrais presque passer l'agreg de lettres, non ?).
Retour illico presto dans la salle.
Et c'est parti pour 20min d'exposé enfin à peu près maitrisé.
Tellement maitrisé que je prends même l'initiative de faire la pédagogue et je montre au jury ce que je veux dire sur le tableau. (J'avais lu dans un rapport de jury qu'il ne fallait pas hésiter à le faire).
Évidemment, il y a des points faibles flagrants : mon anglais n'est toujours pas extraordinaire, ma troisième partie est légèrement atrophiée par rapport aux autres mais lorsqu'ils m'annoncent à 18min qu'il ne me reste que 2min, je boucle rapidement et termine dans les temps !
Ma conclusion était minuscule exprès pour ne pas dépasser (j'ai remarqué que, de toute façon, pendant la conclusion, ils sont trop occupés à chercher les questions qu'ils vont poser pour écouter quoique ce soit !).
Je m'étais gardé certains morceaux pour l'entretien : une petite mise en parallèle avec Les Ménines de Velasquez aurait été du plus bel effet.

Voir même une comparaison avec Dorothée et ses scandaleux souliers rouges du Magicien d'Oz...


Mais non, à la place, ils m'ont posé des questions sur le regard des filles. Après quelques secondes de non-compréhension et de réponse maladroite, j'ai compris qu'il voulait me faire parler de celle qui tourne le regard, « refuse l'interaction, la communication ».
Et puis il y a eu une question assez drôle parce que la réponse, je l'ai feinte...
Après avoir spécifié un truc que j'avais dit pendant l'exposé, j'ai dit qu'à cette époque, 1848, la Declaration of Sentiments aurait pu, de premier abord, être prise pour une défense des droits des esclaves (puisque l'abolitionnisme, autre sujet au programme cette année d'ailleurs, était grave à la mode à l'époque aux États-Unis).
Et puis là, la question : « Et est-ce que vous pourriez relier l'abolitionnisme à ce document d'une autre façon ? ».
Pendant la préparation, j'avais lu un truc dans l'encyclopédie dont je ne me souvenais pas très bien mais que j'avais su, à un moment donné de l'année : le mouvement féministe est plus ou moins né quand les femmes, qui s'étaient impliquées dans le débat contre l'esclavage au début du 19ème siècle, se sont vues refuser l'accès à une grande convention abolitionniste qui a eu lieu en 1840.
J'ai fait mine d'être pas très sûre de moi. Comme si ça revenait de loin. Mais en fait, je savais trop combien j'avais raison et la dame a dit un truc « oui, oui, vous avez vu juste, c'est tout à fait ça ». Et moi de répondre : « ah, bah tant mieux » ou un truc du genre.
Ouais, je sais, j'ai faked it !
Entretien donc, encore une fois, relativement positif. Et quand je sors cette fois-ci et que je me retrouve dans le couloir, j'ai levé les bras au ciel, comme lui :
C'était une nouvelle libération de la femme ! J'étais vraiment soulagée et très très contente d'avoir terminé. Et puis aussi contente d'avoir été jusqu'au bout car c'était vraiment pas gagné !
Il est évident que j'ai mis plusieurs heures à réaliser que c'était terminé. En fait, j'ai encore aujourd'hui, du mal à comprendre que c'est fini. J'en ai beaucoup rêvé les premiers soirs. J'ai même rêvé la première nuit qu'il fallait que j'y retourne pour le commentaire et la restit parce que le jury avait perdu ses notes...
Mister T., pour fêter ça, est même venu me chercher au lycée. J'ai discuté avec les gens d'Agreg-Ink. Et puis une petite heure plus tard, j'ai enfin rencontré ML qui commente parfois ce blog et avec qui j'ai traversé informatiquement les résultats du CAPES, l'année d'agreg, la préparation des oraux de manière intensive et les résultats des écrits en juin. Il était temps qu'on se voit pour de vrai !
Le soir venu, parce que l'année dernière à Lille pour fêter la fin des oraux du CAPES, on était allé manger à un Hippopotamus, et parce qu'il y en avait un juste en face de la Gare St-Lazare, nous sommes retournés y manger. J'espère que ça me portera chance (j'ai pas pris le même menu celà-dit !).
La soirée fut courte malgré tout car je tombais de fatigue !
Vendredi 10 juillet
On a passé la journée à Versailles, au milieu des (autres) touristes. Je vais te faire un « album » de photos très bientôt.
Les cheminées y sont absolument magnifiques et nous avons même emmené Pinou, le petit lapin que j'avais tricoté pour Mister T..
Les Grands Appartements sont évidemment magnifiques aussi, même si totalement invivables ! D'une part parce que tout cette dorure finit par être écœurante, d'autre part parce qu'il n'y a presque aucune vie privée avec ces salles qui se suivent les unes les autres ! Où sont les couloirs ???
Et puis, avec tous ces visiteurs, difficile de prendre son thé au petit salon tranquillement !
Les audio-guides du musée sont lamentables. Ils ne font que raconter des choses très très vagues. Lire les petits panneaux de chaque salle t'en apprend plus ; malheureusement, ceux-ci ne sont pas toujours accessibles à cause du monde qu'il y a.
C'est dommage car, même si je comprends bien que tout le monde n'est pas aussi intéressé que moi par la peinture du plafond, ils pourraient laisser la possibilité d'écouter une piste plus détaillée sur la pièce qu'on visite.
Pour essayer de quitter la foule, on n'a pas tout à fait terminé le château et on s'est enfuit dans les jardins. Tout à pied!
On aura même refusé l'attrait du petit train qui t'emmène, pour la modique somme de 3,50€ l'aller, au Grand et au Petit Trianon.
Finalement, ces deux petits palaces miniatures sont les plus intéressants. En particulier le Domaine de Marie-Antoinette avec son parc plus « sauvage » et son hameau.
Par contre, j'ai été très vexée de m'entendre presque crier dessus « no flash ! no flash ! » quand je prenais une photo.
D'une, je suis pas une touriste étrangère hein ! Mon copain a un sac Eastpack si t'as pas vu !
De deux, je mets JAMAIS le flash dans les musées, j'ai conscience de la nécessité de conserver les œuvres d'art MOI ! Quitte à avoir une photo de m**** du lit de Louis XIV !
Enfin, je comprends bien qu'avec la foule d'imbéciles qui flashent à tout va, elle doit avoir un peu les nerfs...
On aura beaucoup marché ce jour-là. Moi, dans ma grande sagesse, avec des tongs que je perds assez facilement et que je passe la journée à rattraper à chaque pas ou presque.
Ce qui, couplé à une belle insomnie, entraîne des courbatures sympas le lendemain pour marcher dans Paris cette fois !
Samedi 11 juillet
Ce jour-là, j'ai eu 27 ans et j'ai fêté ça en passant une vraie journée de m**** !
On a commencé par Montmartre et jusqu'à la montée depuis les Abbesses jusqu'au Tertre, tout allait bien. Ensuite, devant le Sacré Cœur, le monde de Versailles semblait s'être donné rendez-vous à Montmartre.
A l'intérieur de la Basilique, j'ai pu constater toute l'hypocrisie de l'Eglise catholique !
En entrant, en quasi-file indienne, on tombe rapidement sur un monsieur qui fait signe d'avancer en permanence, particulièrement agacé. Et puis il balance des « chhhhhhhuuuuuuuuuuttttt ! » qui font presque plus de bruits que les 200 personnes présentes dans l'église. Nous, on s'est assis pour regardé tranquillement le décor et le type était debout juste à côté de nous, marmonnant « ah, les Espagnols ! c'est toujours les Espagnols ! ». Il a exigé d'un touriste qu'il retire sa casquette etc... bref, il fait la police et semble regretter que ces malotrus « désacralisent » l'endroit. N'empêche, c'est grace à eux que t'as un boulot, mon grand!
Moi, ce qui m'a semblé le plus désacraliser l'endroit, c'est le prix des bougies pour avoir le droit de les allumer. Les petites c'est 2€, ça va. Mais les grandes, c'est 10€ ! Un peu plus loin, une librairie qui vend des livres et des souvenirs du Sacré Cœur A L'INTERIEUR de l'église ! Encore un peu plus loin, une grande urne (il y en a plusieurs petites tout le long) avec plein d'affiches réclamant des offrandes dans au moins 7 ou 8 langues ! Sur le retour, encore un magasin...
Achète ta rédemption !
En redescendant de Montmartre, profitant de la forte odeur de pisse qu'il y a un peu partout mais aussi des vendeurs à la sauvette « c'est tradition, c'est tradition », on va jusqu'à Pigalle avec l'idée d'aller au Musée d'Orsay en reprenant le métro.
Sauf que le Musée d'Orsay avait une queue de 10km dehors alors on décide de marcher jusqu'au Quartier Latin plutôt. En plus le Panthéon, la Sorbonne, c'est gratuit de les regarder.
Mais Dieu que Paris est grand (j'aurais du mettre 2€ pour ne pas avoir mal aux pieds !) ! Et très vite, les courbatures sont rejointes par un mal indescriptible sous la plante de mon pied droit.
Au point qu'arrivés au Jardin du Luxembourg, je ne peux pas aller plus loin.
J'ai même encore mal ce matin, c'est pour te dire. Je me demande si je me suis pas carrément fait une tendinite ou un truc du genre.
Pour passer le temps qu'il nous reste (il est 13h), on décide d'aller voir L'Age de Glace 3 à l'un des deux cinémas qu'on venait de passer à Odéon sauf que le film a déjà commencé. On se retrouve à voir le dernier Woody Allen.
Moi qui n'aime pas Woody Allen d'habitude et n'ai certainement jamais payé pour en voir un !
Finalement, il était pas si mal mais je maintiens : je ne comprends pas l'engouement pour ce réalisateur !
Puis on a repris le métro (moi en boitant, Mister T. en ralentissant toutes les 10 sec pour m'attendre) pour aller récupérer les bagages à l'hôtel et pour rejoindre la gare du retour.
Mais au moins, j'ai plus d'agreg à passer !
Enfin, j'espère!
08:59 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : oraux, agrégation, anglais, 2009
13.07.2009
Mes oraux d’agreg 2 – Femme d’Entretien
Je t'ai donc laissé alors que j'allais passer sur le grill avec LA spécialiste de l'Empire de l'Exécutif du jury.
Au passage, elle est drôlement jeune. 35 ans ? Le problème c'est que je vieillis moi aussi alors j'ai tendance à trouver les gens plus jeunes qu'avant. Enfin, tu vois ce que je veux dire. Quand t'as 7 ans, tu trouves que 20 ans c'est vieux. Mais quand tu en as 27, tu trouves que 40 c'est jeune !
Bref, j'ai fait mon truc.
J'ai pas aimé mon anglais, plein de fautes, de mauvaise prononciation, peu sophistiqué...
Mais le jury ne s'est pas montré déçu, méprisant ou quoique ce soit. Evidemment, ça ne veut pas dire que j'ai réussi pour autant, ça veut juste dire qu'ils ne montrent pas quand ils trouvent qu'on dit des bêtises.
J'ai tenu 24min sur 30. Plus court que ce que j'avais fait en entraînement mais suffisant quand même je pense.
Mais tu vas vite te rendre compte que c'est les entretiens qui s'avèrent les plus pénibles pour moi. Enfin, j'imagine que c'est pour tout le monde pareil mais au CNED, ça manque pas mal de ne pas avoir d'idées des questions qu'on peut nous poser.
Le jury a essayé de me faire dire des choses. Quand je comprenais pas, ils ont insisté. Je pense que globalement, j'ai finalement su répondre. Mais l'entretien qui dure entre 10 et 15min normalement a bien duré les 15 !
Malheureusement, ils ont aussi essayé de me faire comprendre que le document était un « signing statement », autrement dit une déclaration officielle du président à propos d'une loi qui explique comment il va l'appliquer. J'avais compris l'enjeu du document (que Bush décidait en gros ce qu'il voulait faire de la loi tout seul, sans respecter le Congrès ou le judiciaire) mais j'ai pas su dire véritablement que c'était un « signing statement ». Du coup, j'ai pas vraiment pris en compte le bon contexte, notamment à qui il s'adressait. Enfin, pendant l'entretien, ils ont réussi à me faire dire ce qu'il fallait à ce niveau-là quand même. Mais ça aurait été nettement mieux si je l'avais fait pendant l'exposé !
Vers 11h10 donc je suis sortie et je retourne à l'hôtel pour retrouver Mister T.
Parce qu'il va s'ennuyer ferme les deux jours suivants, et parce que je sais qu'il vaut mieux que je me change les idées, on part à pieds pour rejoindre les Tuileries et y manger.
Au lieu d'avoir la bonne idée de prendre à manger dans l'une des innombrables boulangeries de St Lazare avant de partir, j'imagine qu'on trouvera des sandwichs sur la route.
Sauf que si tu connais le quartier de la Madeleine (Gucci, Dior, etc...), c'est pas là-bas que tu trouves un ptit jambon-beurre !
Bref, on va jusqu'à la Place de la Concorde et évidemment, toujours pas de sandwich sur Rivoli (Rolex, les grands restaus...) donc on se dirige du côté des Champs Elysées... Heureusement, il y avait un vendeur ambulant dans sa petite roulotte dans les jardins en face du Palais Royal.
On est retourné du côté des Tuileries après manger mais c'est incroyable le bruit dans cette ville !
On n'a pas eu tant de temps que ça car à 14h55, il fallait que je sois au lycée.
La Compréhension-Restitution.
Les mêmes filles qu'au matin sont là aussi. La normalienne, une littérateuse de Dijon (d'après la conversation que j'ai entendu, peut-être que tu la connais M* ?) et une grande blonde au chignon serrée, quand je me suis assise à côté d'elle pour attendre dans un silence pesant du stress qu'on accumulait, s'est excusé d'être si peu bavarde parce qu'elle était très stressée !
Enfin une !!! Comme je l'ai tout de suite aimé cette fille ! Peut-être qu'elle était de Normale elle aussi, mais elle se la jouait pas « oh là, là, que c'est dur, plaignez-moi mais de toute façon je vais l'avoir ».
(Le premier qui me sort que je me la joue comme ça moi-même, je lui fous une torgnole dans la gueule et lui montre le taux de réussite des Normaliens comparés au taux de réussite des CNEDistes !)
Puis il a fallu y aller.
Le document à restituer (dont le titre on ne peut moins évocateur était « Genteel Households ») s'est avéré assez facile. Peut-être un peu long, à la rigueur. Mais c'était un document britannique à l'accent standard (en gros celui que t'apprends en 6ème), au sujet historique (bon pour moi quoi) et avec seulement deux interlocuteurs qui ne se coupaient jamais la parole.
J'ai eu quelques mots pénibles à rendre et des passages que je n'ai pas très bien entendus. Du coup, j'ai essayé de les éviter mais dans l'ensemble, j'étais pas mécontente tout de suite.
Mais l'entretien est arrivé, avec ses gros souliers.
Et là, ça a été l'enfer !
10min qu'ils disaient ? Ouais, c'est ça !
Les membres du jury, trois hommes, ont été les « moins sympathiques » des trois jours. Ils étaient loin d'être des ogres, mais ils m'ont semblé plus déçus par mes réponses voire même étonnés... Gloups !
J'ai souvent répondu « je ne me souviens plus » ou « je ne sais pas ». J'ai aussi du dire « Oui, il y a bien quelque chose à ce niveau, mais j'ai pas compris ».
Et puis il y a eu le « vous avez dit « subordonnés », qu'avez-vous entendu en anglais ? » ; moi « subordinates » et la réponse : « ah bon ? »... Re-gloups !
S'il fallait trouver du positif dans tout ça, c'est qu'ils sont peu revenus sur ma traduction à proprement parler...
Ce soir, j'ai un peu mieux mangé dans la brasserie au pied de l'hôtel. Et j'étais tellement fatiguée que je me suis même endormie sans prendre de somnifère du tout !
Mercredi 8 juillet :
Ce fut sans doute la journée la plus galère niveau fatigue. Mais, alors que je n'avais qu'une envie : vomir, j'ai réussi à avaler mon petit déjeuner quand même. Heureusement que ce brave couple de petits vieux laissaient aux clients de l'hôtel le privilège de lire Le Figaro au petit matin ; ça a au moins le mérite de changer les idées !
Je me sentais plus stressée encore que la veille. Je redoutais beaucoup cette longue préparation de 5h. Etant convoquée à 10h25, ça voulait dire travailler jusqu'à 15h25 sans vraiment manger, au plus chaud de la journée etc... Mais finalement, ni la chaleur, ni la faim vont vraiment me perturber. C'est la fatigue qui aura ma peau.
La Leçon.
Il s'agit de l'épreuve reine de l'agrégation. C'est en gros, une dissert à l'oral. Il faut étaler ses connaissances de manière intelligente pour montrer que tu peux faire preuve d'une réflexion personnelle approfondie et informée sur un sujet qui t'est proposé.
Ouais.
Et donc, gentiment, à cette épreuve (et c'est la seule de tout le concours), tu as le choix entre deux sujets.
Parce que j'étais tombée sur l'Empire de l'Exécutif la veille, il y a avait de très grandes chances pour que j'ai le Débat sur l'Abolition de l'Esclavage en Grande-Bretagne et les écrits politiques de John Milton. Je me sentais pas à l'aise avec l'abolition et j'avais bossé Milton comme une malade.
Mais quand j'ai vu les sujets...
Ils faisaient tous les deux, deux kilomètres de long ! Hein ? J'exagère ? Ouais, bon, d'accord, seulement 6 et 7 lignes. Sauf que j'avais JAMAIS travaillé sur des sujets aux citations si longues. Et les deux étaient vraiment difficiles.
(Je te mets pas les sujets, si tu les veux, laisse un com mais je crois pas que ça t'intéresse !)
J'ai finalement choisi Milton parce que a) c'était ce que je voulais prendre à priori et b) la citation était peut-être plus dure à comprendre mais au moins y'avait des trucs à dire, sur l'autre, je ne voyais pas du tout ce qu'ils voulaient qu'on en dise !
J'ai quand même mis bien une heure à vraiment comprendre une partie de la deuxième phrase. J'ai eu aussi énormément de mal à me concentrer. J'avais terriblement envie de dormir. Vraiment, c'était plus tant le stress là, mais juste le ras-le-bol, le à-quoi-bon, le mais-qu'est-ce-que-je-fous-ici ou encore le à-quoi-ça-sert...
Pour la première fois de ma vie, j'ai fait un plan en deux parties au lieu de trois à un examen. J'avais toujours réussi à en faire trois. Le jury, malgré toutes leurs explications à dire qu'ils n'ont pas d'a priori concernant le nombre de parties, préfère les plans en 3 parce que ça fait plus abouti. Et je suis comme eux, je préfère aussi.
Bref, vraiment la galère quoi.
Et puis les 5h finissent par passer. Et on vient me chercher.
Je passe donc devant le jury que j'avais entrevu la veille. Ils m'ont d'ailleurs reconnue et plaisante un ptit coup « cette fois, c'est la bonne ». Il faudra plus que ça pour me tranquilliser.
Je pose donc mon chronomètre sur la table et je me lance.
Ouais, sauf que je sais pas ce que je raconte. Je dis une phrase et la seconde d'après je l'ai oubliée. Je suis pas du tout à ce que je fais. Plus ça va et plus je prends conscience du ratage qui est en train d'opérer et plus ça me panique.
Je jette un coup d'œil sur le chrono pour voir où j'en suis : 0:00... J'ai oublié de le mettre en route ! Je fais alors le reste à la montre (ma montre n'a que le 3, le 6, le 9 et le 12 ! quand t'es à la seconde près... Gloups !).
Et puis au bout d'un quart d'heure, je réussis à me reprendre, à m'écouter parler un peu mieux et à me concentrer ! Mais le début de l'épreuve est quand même bien gâché.
Arrive l'entretien, encore lui. Cette fois il est en français. Et comme pour les autres épreuves, je ne sais pas exactement ce qu'ils risquent de me demander.
Mais c'est très rapide. Peut-être moins de 10min cette fois. 2 questions chacun, ça en fait 6 et surtout, j'ai su vraiment bien répondre à toutes les questions je crois. Au moins, ça laisse une meilleure impression au jury quand je pars que quand j'arrive !
Je sors donc un peu en avance et je tombe sur la normalienne à qui je viens demander comment ça s'est passé. Et en fait, elle est en train de pleurer.
L'espace d'un instant, j'ai un « bien fait pour ta gueule » qui me traverse l'esprit. Et puis ensuite, non, c'est quand même de la compassion qui débarque. Parce que même si j'arrive pas à croire qu'elle ait vraiment loupé, je me représente assez bien ce qu'elle ressent !
Cet épisode illustre une théorie que j'ai découverte dans la cour du lycée avant la réunion : la théorie du doute comme Arme de Protection Massive.
Je t'explique.
Chaque année, sur j'en sais rien, 80 Normaliens, il y en a 79 qui ont l'agreg. Enfin, j'exagère un peu mais ils sont entrainés depuis le biberon le bac pour réussir ce moment-là. Moi je m'entraine depuis deux ans maximum. A l'Ecole Normale Supérieure, on doit leur mettre une pression monstrueuse. Si ils échouent, ils sont vraiment méprisés par les autres. D'ailleurs, le système a tellement pitié de ces pauvres normaliens qui échouent que si l'année suivante ils se contentent du CAPES, on leur file les écrits d'office (véridique !). Très peu le font parce que c'est la lose (prononcer louze mais pas écrire loose s'il vous plaît) et qu'il vaut mieux redoubler la prépa à l'agreg.
Bref, ma théorie c'est « plus t'as de chance de l'avoir, plus tu l'as préparé, plus tu doutes et plus la possibilité d'un échec est insurmontable ». Du coup, ceux qui viennent « pour voir », ou « en touriste » ou tout simplement qui n'ont pas particulièrement travaillé ne doutent de rien, ne stressent pas, vivent le truc tranquillement et probablement sont au mieux de leur performance.
Pour les autres, le doute est une façon de se protéger, de préparer l'éventualité d'un échec qui paraît inenvisageable. Alors peut-être qu'en fait, cette normalienne qui pleurait en sortant de leçon trouvait plus facile de douter parce que si elle était sûre d'elle et qu'elle se plantait, ça serait encore plus douloureux. Une arme de protection donc, mais elle secoue pas mal quand même comme protection !
Ce soir là, on est allé manger au Flams. C'était bof. Pas convaincu par les Alsaciens...
Jeudi 9 juillet :
Dans quelques heures, c'est la libération !
Je suis toujours fatiguée et le petit dej est toujours difficile mais je sens que de jour en jour ça va mieux quand même. Je commence à entrer dans le rythme ; ça sent aussi les vacances faut dire !
Convoquée à 9h55, Kate d'Agreg-Ink passe en même temps que moi. Très sympa, on discute bien avant d'entrer dans les coulisses pour la préparation.
L'Epreuve Hors Programme.
Comme son nom l'indique, cette épreuve n'est pas basée sur un programme. Autrement dit, ça peut tomber sur tout et n'importe quoi. Il y a deux textes et une image qu'il faut rapprocher et analyser sous un même angle d'analyse. Mardi, quelqu'un qui sortait de cette épreuve avait montré l'image sur laquelle elle était tombé : un tableau avec deux cochons de profil dont un était comme « ouvert » et dont on voyait l'intérieur... Voilà, ça, ça donne bien une idée de ce que c'est comme épreuve !
Mais moi, j'étais contente pour deux raisons :
- le thème principal était la naissance du féminisme et en tant que jeune femme de mon temps, je défends ardemment mes propres droits en tant que femme (ouep, complètement égoïste voyons ! alors que si j'avais été un homme...)
- le tableau que j'avais était un VRAI tableau.
Donc mon dossier était composé de :
- un extrait du chapitre 22 de The Awakening (1899) de Kate Chopin (L'Eveil en français), l'histoire d'une femme qui fait sa vie et ne s'occupe plus de la maison ; c'était la réaction de son mari qu'on avait.
- la Declaration of Sentiments de 1848 qui est une véritablement Déclaration d'Indépendance de la femme, copiée sur la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis
- et ce tableau de John Singer Sargent, The Daughters of Edward Darley Boit (1882)
Cette fois, je me sens inspirée. Le sujet me plaît et me rappelle aussi un peu celui de l'année dernière au CAPES en plus.
Sur le tableau, j'ai réussi à proposer une analyse qui s'intègre directement dans mon propos. Je suis partie du principe que les deux filles à l'arrière, dans le noir, les deux aînées, étaient comme enfermées dans le « cadre » (illustré par les lignes de construction verticales et celle le long du tapis) de la vie domestique et que celle de gauche, habillée en rouge, blonde, sur fond orange, s'extrait de ce cadre domestique et illustre par là les débuts de la libération de la femme.
Au bout de 4h, je trouve enfin la Déclaration d'Indépendance dans l'Encyclopédie à notre disposition (c'est une méga grande encyclopédie alors c'est pas si simple de s'y retrouver, c'était ma 3ème tentative pour la trouver dedans!) et du coup j'ai pu me rendre compte que le deuxième texte était presque mot pour mot une copie de la fameuse déclaration américaine. Un peu de plus et j'allais dire quelques bêtises ! Ouf !
Je finis avec 10min d'avance et j'ai même le temps de relire un peu ce que j'ai fait !
Je sors de la préparation plutôt contente donc. Même décidée cette fois à accepter un spectateur (il y a des gens, des futurs candidats pour la plupart, qui demandent à entendre les exposés car les oraux sont sensés être publics et jusqu'à cette épreuve, j'ai simplement pas pu accepter tellement j'étais stressée) sauf qu'il y en avait pas...
J'arrive devant le jury, je m'installe. Je retrouve enfin mes sensations de pseudo-plaisir masochiste que j'ai parfois en examen. Je mets mon chrono tout près de moi. J'installe mes feuilles autour de moi et là, c'est le drame !
Il me manque mon introduction et ma première partie !
Gloups !
(la suite demain)
10:00 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : agrégation, oraux, anglais, 2009
12.07.2009
Mes oraux d’agreg 1 – Au numéro 38
Alors ça y est, je suis passée à la casserole.
Ce fut long, dur, fatiguant et éprouvant. Vraiment pas une partie de plaisir. Voire même un vrai calvaire.
La marche entre CAPES et Agreg est haute ! C'est moi qui te le dis !
Mais la bonne nouvelle, c'est que c'est maintenant terminé et que je suis en vacances ! Normalement, si tout se passe bien, j'ai peut-être même terminé à tout jamais les études ! Si ça se trouve, c'est un grand moment. Mais comme j'ai pas encore les résultats, je peux pas le dire. Et puis surtout, j'ai beaucoup de mal à déconnecter !
Mais bon, passons à mon (long) récit !
En fait, le weekend dernier, les 4 et 5 juillet donc, j'étais tellement pas bien (paniquée et vraiment à plat, sans énergie) que ma grand-mère, dans sa grande sagesse de grand-mère qui me connaît tellement bien qu'elle sait bien mieux que moi ce qu'il me faut, m'a dit : « le docteur V. est de garde ce weekend, va le voir pour qu'il t'aide ».
Le docteur V. est mon médecin de depuis que je suis tout petite. Il m'a vu grandir, m'a soigné un zona monstrueux, m'a vu perdre mon père, ma mère, mon grand-père, m'a prescrit mon premier Prozac et connaît tous les problèmes de santé de presque tous les membres de ma famille. Bref, c'est un médecin de confiance. Un gars qui te garde 30min juste pour discuter et s'assurer que tu vas bien - du coup, il faut toujours prendre son RDV en début d'après-midi si tu veux pas attendre, littéralement !, deux heures en salle d'attente à 18h...
Ah, je sens que je commence déjà à m'égarer... T'es là pour les oraux, pas pour le docteur V.
Bref, je voulais pas aller le voir car après tout, j'étais pas malade et lui prendre du temps un dimanche matin, je trouvais que ça craignait. Que nenni, il avait déjà quelqu'un au cabinet quand je suis arrivée et même un jour où il y avait personne j'ai attendu 40min...
Il m'a dit de prendre des vitamines et du Guronsan. Mais qu'il fallait que j'essaie le lendemain avant de faire ça pour les épreuves car le Guronsan risquait de me paraître un peu fort...
Du coup, je suis repartie chez moi, avec mes vitamines et mon Guronsan. Dimanche soir, la pression commençait sérieusement à monter et la panique à se faire sentir. Je commençais à avoir l'impression qu'il me fallait accepter de me laisser (em)porter dans le courant qui m'amènerait au 38 rue de Naples, dans le 8ème arrondissement de Paris !
Et c'est ce qui s'est passé. Sans grande surprise. Sauf que c'était un vrai torrent et que ça a été très dur de se laisser porter en toute confiance !
Lundi 6 juillet :
J'ai pris le Guronsan le matin. Alors, oui, ça m'a réveillée ! Mais je ne sais pas trop si c'est le stress qui m'a réveillé ou le cachet même. Par contre, ça a drôlement empiré ma panique.
J'ai passé les 3h de train à stresser, soupirer, même pleurer de peur. Je crois que cette journée a été une des pires de ma vie. J'avais l'impression d'être condamnée à mort, en attente de l'exécution. Je sais, c'est pas sympa pour les vrais condamnés à mort mais pourtant, je vivais le truc un peu comme ça : impossible d'en sortir.
Evidemment, j'ai contemplé la possibilité de ne pas y aller. J'ai même dit à Mister T. « et si je disais à tout le monde que j'y étais mais finalement que j'y vais pas ? »...
Mais au fond, je savais bien que je ne pourrai pas.
Bref, pas le choix. Fallait y aller.
Crevée comme j'étais, j'arrivais même pas à trainer ma valise qui avait des fringues pour 2 semaines (ou presque), 5 paires de chaussures et surtout 6L d'eau riche en calcium (rapport à mon régime que je suis toujours plus ou moins). Du coup, Mister T. tirait ma valise, portait son sac et son sac à dos...
On est arrivé dans notre chambre d'hôtel, vers la Gare St Lazare. Chambre proprette au mobilier vieillot. On avait la chambre 21, au 4ème étage. C'est un couple de vieux qui tiennent l'hôtel. Il s'appelle le « Bellevue » mais vraiment, on y est un peu à l'ancienne. Mais il est suffisamment confortable ! Par contre, incroyable le bruit à Paris ! C'est assourdissant !
Quand on est entré, elle avait vraiment une drôle d'odeur. Assez désagréable. Mister T. a alors dit « mais ! ça pue la mort ici ! ». Moi qui étais dans mon état d'esprit de condamnée, ça m'a pas aidé ! J'y ai vu un signe !
On a voulu ouvrir la fenêtre mais le bruit de la circulation était intenable. Finalement, on s'est fait à l'odeur de mort (le lendemain d'ailleurs, ça ne sentait plus).
On est arrivé vers 16h et la réunion n'était qu'à 17h30. J'ai donc passé une heure à pleurer de trouille encore, à me demander pourquoi j'étais si mal, pourquoi j'avais si peur etc...
Que la journée à été longue !
Mais à 17h, il a bien fallu y aller. Les yeux sans doute tout rouges, la tête qui tournait, mes jambes qui me tenaient à peine, je suis partie pour le lycée.
10-15min de marche (ça dépend si c'était à l'aller ou au retour) et j'arrive devant la porte du 38 rue de Naples...
Je trouve linapitipois d'Agreg-Ink qui a en fait trouvé des copains. J'aperçois Kate d'Agreg-Ink aussi mais qui est en plein conversation avec quelqu'un.
Je me trouve terriblement seule dans cette cour du lycée. J'ai l'impression que tout le monde est hyper relax et que je suis la seule paniquée.
La réunion commence. On nous fait entrer dans un préau fermé. Les options Littérature à gauche et les options Civilisation à droite. Linapitipois part de l'autre côté. Je prends une place et là, à côté de moi, je retrouve J. de mon académie (dans le 38 !), qui a passé les écrits au même endroit que moi, dormant dans le même hôtel et avec qui j'avais pris mes petits dejs !
Ouf ! Une tête connue !
Sauf que J. semble lui aussi beaucoup plus détendu et ça me rassure pas. Bon, il est déjà venu l'année dernière lui faut dire aussi... Mais surtout, il est pas très délicat : « alors ? t'étais surprise d'être admissible ? »... Euh, non mais visiblement toi oui ! J. vit un peu dans son monde. On a été dans les mêmes cours pendant un an, mais il avait pas vu mon nom sur la liste des admissibles (alors qu'il devait juste en dessous du sien) tout simplement parce qu'il ne le connaissait pas !
La réunion commence. Le président du jury, M. Rotgé est beaucoup plus jeune que j'imaginais. Et en fait les quelques membres du jury présents aussi. Ils ont l'air gentils (sauf une qui a l'air très pète-sec). Et M. Rotgé a beau dire plein de choses gentilles, amusantes et rassurantes, moi j'ai juste conscience d'où je suis et j'en ai même la nausée.
J'ai vraiment cru que j'allais vomir dans l'allée entre les options civilisation et littérature !
Vient le moment solennel où on tire un jeton qui nous donne notre numéro de passage. M. Rotgé nous fait savoir que tous les membres du jury ont eux-mêmes tirés l'un de ces jetons et que ce sont les mêmes depuis des années.
Pour moi, ce sera le numéro 38.
A partir de ce numéro, on peut se référer aux tableaux de passage pour savoir nos horaires de convocation et l'ordre des épreuves.
Je commence mardi avec le commentaire et la compréhension-restitution. Les deux épreuves les plus techniques, dans lesquelles il faut « entrer » tout de suite, sans perdre de temps ! Convoquée à 8h25 d'abord (avec passage à 10h25) puis 14h55 pour la deuxième. J'en étais pas très contente car j'espérais encore secrètement que ma fatigue allait s'évanouir au fil des épreuves et que commencer avec ces épreuves techniques me semblait du petit suicide...
Mercredi, à 10h25 (avec passage à 15h25), c'est la leçon, l'épreuve reine de l'agreg.
Jeudi enfin, je termine avec l'épreuve la plus aléatoire, la synthèse : 9h55 avec un passage à 14h55 et donc une libération vers 15h30 !
Voilà le programme !
Retour à l'hôtel. Mister T. et moi regardons un peu la télé pour nous me changer les idées mais ça marche pas très bien.
Vers 19h, on part chercher où manger. L'avantage du quartier bruyant que j'ai choisi, c'est qu'il y a quantité d'endroits pour manger : restaus, fast-foods, brasseries, bar à pâtes...
Et c'est dans un bar à pâtes qu'on décide de s'arrêter. Pendant que j'essaie d'avaler mes tortellinis, on entend ça :
Parfois, le hasard fait mal les choses...
J'ai pas fini mes pâtes.
Histoire de décompresser, on en vient à regarder « L'amour est dans le pré » (faut dire qu'en face, y'avait rien non plus !).
Je prends un somnifère, je mets mes boules quiès et je dors... mal naturellement, mais je dors !
Mardi 7 juillet :
Vers 5h30, j'ai ouvert les yeux. Malgré les boules quiès, les premiers bruits de la circulation ont du me réveiller. Et cette fois, j'avais, étrangement, une autre chanson dans la tête :
Pendant une petite heure, dans mon demi-sommeil, je me suis imaginée réussir et tout casser ! C'était chouette !
Mais à 7h, quand je me suis levée, Rocky Balboa m'avait abandonné ! Et la douche marchait mal : il n'y avait pas d'eau froide !
Mon petit dej s'est limité à une demi-tasse de thé et à un croissant au beurre et encore au beurre (non, vraiment, ils étaient bons ces croissants mais bien gras !)...
Je prends mes vitamines par contre, mais pas le Guronsan. Je crois vraiment que ça m'a pas servi la veille !
Prenant une grande respiration, je laisse Mister T. dans la chambre d'hôtel et je pars pour ma première épreuve (quand t'y penses, ça porte vachement bien son nom quand même !).
Le Commentaire de Texte.
Je voulais absolument que ça tombe en civilisation américaine, sur l'Empire de l'Exécutif. Et je suis ravie de voir que c'est bien le cas !
Je voulais que ça tombe plus précisément sur le rôle du président dans les affaires étrangères et c'est aussi le cas !
Bon, je tiens pas debout, je suis ultra stressée mais au moins ça commence pas si mal !
Par contre, j'avais très peur que ça tombe sur Bush parce que je me sais assez peu objective le concernant... Et bah, en plein dans le mille !
C'est un texte qui date de 2004 et qui est ici, si t'es vraiment intéressé.
Gloups !
Deux heures de préparation seulement. Et en réalité, 1h58 puisque je n'ai pas eu le temps de tout à fait terminer mon introduction à cause de ça !
Mais j'ai réussis à faire un plan en 3 parties au moins.
10h25 donc, je pars devant le jury.
Je dis bonjour, je donne ma carte d'identité, m'installe et je remarque que parmi le jury il y a Mme Françoise L. qui a écrit un des livres sur l'Empire de l'Exécutif que j'ai lus! Je suis quand même soulagée car je sais qu'il y a une autre Françoise dans le jury qui a écrit sur le même sujet mais qui est encore plus grande spécialiste à mon avis et qui en plus m'a corrigé au CNED et m'a mis un 6 qui m'avait démoralisé !
Sauf que, apparemment, la jeune femme qui m'a amené à ce jury s'est trompé ! Il leur fallait le numéro 34 et non 38. Le numéro 34, c'est la normalienne qui passe en même temps que moi mais avec l'autre jury.
Bref, le seul homme du jury est pas content (contre l'apparitrice, enfin normalement le mot c'est « appariteur », mais comme c'est une fille et qu'appariteuse me semble peu glorieux...) et m'emmène à l'autre jury...
La normalienne a déjà commencé mais tant pis, elle doit plier bagage et je m'installe devant mon nouveau jury, que je salue, et là... C'est Mme Françoise C. qui est en face de moi...
Gloups, gloups, gloups...
(La suite demain)
14:00 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : oraux, agrégation, 2009, anglais
05.07.2009
Derniers mots d'une condamnée
Ouais, je sais, avec ce titre, je fais dans le mélodramatique...
Mouahahaha, comme si j'allais pouvoir VRAIMENT arrêter de l'être! Tu rêves!
Bon, je fais très vite car j'ai pas envie de m'attarder sur mes angoisses!
Si, je te jure que c'est vrai!
Aujourd'hui, ça ne m'intéresse pas car:
a) je suis toujours aussi fatiguée
b) c'est pire quand je m'entends paniquer, car je panique encore plus...
Bref, j'étais sereine quant à mes capacités il y a encore 12h.
En revanche, je suis toujours vraiment à plat et ça a suffit à provoquer une belle crise hier soir de "je vais jamais y arriver".
Mais quand tu tiens à peine debout et n'es pas capable de réussir un Sudoku niveau moyen de Femme Actuelle, je t'assure qu'il y a de quoi s'inquiéter!
Bref, incapable de me concentrer ne serait-ce que 10min et ça fait presque une semaine que ça dure...
Du coup, je redoute grandement les épreuves de 6h!
Sans dec!
Mais je tenais à te rassurer en te laissant un message avant de partir pour Paris: oui je panique mais non ce n'est pas parce que je me pense incapable.
Enfin, c'était pas le cas il y a encore 3h mais j'ai l'impression que plus l'échéance avance et plus c'est en train de changer.
Au programme:
- lundi: voyage jusqu'à la capitale et réunion à 17h30 (j'y apprendrais mes horaires de passage)
- mardi: première journée d'épreuve(s)
- mercredi : deuxième journée d'épreuve(s)
- jeudi: troisième et dernière journée d'épreuve(s) - LIBERATION!
- vendredi: visite de Versailles (si je tiens encore debout, mais j'ai acheté les billets et j'ai pas envie de foutre 2 x 20€ à la poubelle!)
- samedi: dernière journée à Paris et retour en fin de journée/soirée
Sur ce, je retourne me retourner l'estomac à coups de pensées paniquées!
(A chaque fois... P***** qu'est-ce que c'est dur!)
A dans une semaine! (J'ai prévu - et j'espère m'y tenir - de noter mes journées sur un petit calepin histoire de tout te raconter à mon retour! ;) )
19:23 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : oraux, agrégation, stress, peur, panique
01.07.2009
St Preux le Contagieux
St Preux est contagieux oui.
Enfin, sa fatigue et sa paresse en tous cas.
Ayé, j'ai calé. C'est officiel. Je ne peux plus travailler du tout.
Les premiers signes sont apparus il y a deux-trois jours. Sachant qu'il ne me restait que quelques jours pour apprendre simplement mes citations, il était bien normal que je cale voyons !
Alors je ressemble à ça.

A vrai dire, j'essaie de te raconter un truc dont je peine à me souvenir. C'était il y a deux jours. J'ai appris encore 25 citations ce jour-là. Et la veille aussi.
Je faisais ça le matin. Et puis l'après-midi, c'était révisions des dates avec mes « puzzles-maison ».
Le plus pénible avec mes puzzles-maison, c'est d'étaler les petits papiers qui ont les dates dessus. Car ça en met dans tous les sens.
Et je peux pas me mettre près de la fenêtre (histoire de profiter de la chaleur extérieure) car ça s'envole... Enfin, je suis obligée de fermer la fenêtre, ce qui revient au même, tu en conviendras.
Et puis l'autre truc pénible, c'est vérifier si j'ai juste une fois que j'ai placé mes petits papiers « évènements » en face des petits papiers « dates » correspondants. Car généralement, j'en ai 90% de juste, alors la correction est répétitive... Pire quand je mélange les dates quand je les place au départ, histoire que ce soit pas trop facile quand même. La vérification est alors suffisante pour ne plus me donner envie de recommencer juste après.
Ouais, je sais, j'ai des problèmes.
Bref, les citations, ça allait à peu près jusqu'à hier matin. Et puis ensuite, j'ai commencé à ressembler à ça.

Hier matin, j'ai commencé plus tôt que d'habitude. Enfin, tout est relatif, j'ai commencé à 9h30 au lieu de 10h15 quoi. J'ai pris le temps de revoir celles que j'avais appris la veille (je sais, je te fous un peu la trouille avec ma façon de bosser et puis je sais que tu t'ennuies fermement aussi d'ailleurs mais tiens bon steuplé, bientôt je t'enquiquinerais avec mes propres perles du bac!) mais quand il a fallu apprendre les 5 dernières, ça rentrait plus du tout !
L'ironie, c'est que ces 5 dernières et les 25 que j'aurais du apprendre aussi aujourd'hui, elles sont toutes sur Milton (sur les 30 à apprendre sur Milton évidemment).
Autrement dit, pourvu que je tombe pas sur Milton !
Je me console en me disant que Milton, c'est basé sur un livre auquel on a droit (quand même) et donc que je devrais pouvoir en retrouver quelques unes pendant la préparation. Mais quand même, j'aurais voulu en repérer quelques unes à la base histoire de ne pas avoir à les chercher dans les 70p qui sont au programme!
Sauf que mon problème depuis hier en fin de matinée, c'est que je ressemble à ça.

Alors je suis résignée.
Et bien je pourrai pas apprendre les dernières citations ? Pas grave, puisque j'aurai le livre !
Je suis pas tout à fait prête ? Est-ce que je le serai un jour de toute façon ?
Et puis surtout, j'ai même plus l'énergie de me battre.
Je préfère comater pendant les 4 journées entières qu'il me reste avant de passer à la boucherie que d'arriver dans l'état où je suis aujourd'hui... S'il fallait que je fasse une leçon aujourd'hui, je crois que je ne pourrais tout simplement pas.
Evidemment, si j'avais fait une vraie bonne nuit, ça m'aurait quand même aidé je pense...
Mais ça tombe bien, j'avais justement pris RDV chez le médecin pour une bricole, il pourra me prendre la tension et vérifier que c'est bien le stress / la chaleur / la fin de l'année (rayez la mention inutile - si il y en a une) qui me met dans cet état.
Et puis, quand j'ai un moment de presque énergie, je pense au Château de Versailles qui nous attend, Mister T. et moi, le lendemain de mon dernier oral (billets achetés !) et aux vacances qui suivront peu de temps après (plus que 9 jours !).
Bon, j'en peux plus alors je vais te laisser. J'ai une vaisselle, une douche et un RDV chez le docteur d'ici ce soir. Et de savoir qu'en plus on va visiter un appart demain... Pfiou, ça finit de me claquer !
16:16 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fatigue, stress, oraux, agrégation, anglais


















