30.12.2008
Juste pour te dire
que Noël a été génial et l'occasion de quelques petites crises familiales.
Bref, un Noël normal quoi.
Un de ceux où tu ris beaucoup (et pis tu bois aussi). Et un de ceux où quand t'y vas tu sais pas si ça va être pire que l'année dernière ou pas.
Donc pour ça c'était mieux parce que l'année dernière, j'avais surtout pleuré sur le chemin du retour.
Et puis, accessoirement, la magie de Noël a opéré ce matin-là quand je suis montée sur la balance et que j'ai vu mon nombre de kilo à atteindre apparaître sur la balance! Certes, c'était que XX,9 mais c'était XX quand même!*
Et puis il y a eu la nuit du 25 (entre le repas du 25 et le repas du 26).
Insomnie jusqu'à 5h30 environ. Sachant qu'il fallait se lever assez tôt pour être au repas du 26 à midi.
Là, c'était moins sympa, parce que j'ai beaucoup culpabilisé d'avoir tant apprécié ma journée. D'avoir ri autant. D'avoir préféré cette année à l'année dernière. Alors que mon grand-père, qui faisait tant partie intégrante de cette famille-là avec laquelle j'ai tant ri, n'était pas là. Et puis j'ai culpabilisé de ne pas plus pleurer ma mère aussi.
Arf. C'est comme ça.
A chacun ses petits démons...
Bref, pas dormi aussi parce que j'avais mal au ventre.
(Trop mangé, mon estomac est devenu fragile.)
Et puis donc, c'est reparti pour le 26 midi. De nouveau les questions: est-ce qu'on va s'amuser? (Y'a pas John, y'a pas Charly, est-ce qu'on va s'ennuyer?). Est-ce que l'ambiance sera aussi lourde que l'année dernière (famille de ma mère cette fois)? Est-ce que la tante qui vient de quitter son quasi-mari aura la forme?
Bah finalement, John et Charly sont pas si indispensables que ça (désolée les gars). Et puis j'ai réussi à manger encore un peu. Et puis ma tante pète le feu et elle revit! Mais j'ai fait une gaffe avec l'autre tante. Et y'a eu d'autres nouvelles peu réjouissantes.
Et puis j'ai quand même pris 400g avec ce troisième repas de Noël (le premier, c'était le 21).
Bref, si y'avait pas eu cette sale nuit au milieu, ça aurait été pratiquement parfait! (faut bien quelques accrocs quand même) Un Noël normal quoi.
Et puis j'apprécie bien ces vacances. Et cette semaine est presque aussi agitée que la semaine dernière, donc j'ai prolongé mes vacances, et même que ça fait drôlement du bien de glander un peu. Mais promis, lundi 5, je m'y remets à fond!
Alors ce soir, on fait un pré-31. Et demain soir, un 31 déguisé. On croulait sous les propositions cette année. Jeudi on se remet de nos émotions. Et puis après, on est tellement près du weekend que ce serait con de se mettre au boulot! Donc oui, lundi 5, je m'y remets mais pour l'instant: à l'année prochaine!
* (et aujourd'hui que je te parle, c'est XX,7)
10:46 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : noël, vacances, nouvel an, repas
19.12.2008
Winter Break
Après avoir pensé travailler comme une malade pendant les vacances de Noël pour compenser les journées passées auprès du grand-père malade et ensuite du croque-mort et tout ça, j'ai réalisé que non.
Non, j'ai besoin de vacances.
Alors oui, je n'avance pas mon agreg tout à fait comme je voudrais, mais je ne crois pas être trop en retard non plus.
A mi-chemin, il est temps de prendre quelques jours!
Bref, une semaine de pause et je reviens après m'être engraissé et m'être payé quelques grasses matinées qui seront les bienvenues!
Mais je ne pouvais pas te laisser comme ça. Alors voilà: Joyeux Noël!
Joyeux Noël malgré toutes les horreurs que tu as traversées. Joyeux Noël pour tous les bonheurs à venir.
Et ouais, j'suis une optimiste!
Normal, j'suis en vacances!
Et je suis même d'humeur à fêter ça avec un ptit Monty Python, pas toujours connu: Le Ministère des Démarches Ridicules. En VO sous-titrée évidemment...
21:07 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vacances, noël, monty python, ministère des démarches ridicules, ministry of silly walks
15.12.2008
Au pays des Schtroumpfs
Alors ça y est. Darcos a lâché!
Mouais.
Déjà, il a lâché bizarrement. Et laisse-moi te dire que je suis tellement méfiante à l'égard de ce type, que j'ai presque peur qu'il nous cache quelque chose d'encore plus gros. Mais bon, ça doit être de la parano...
La réforme du lycée est repoussée.
Repoussée jusqu'à on ne sait pas quand. Démerde-toi avec ça!
Faut dire que le Grand Schtroumpf lui a demandé de retirer la réforme ce weekend, il a pas eu le temps de s'y faire le pauv' Darcos! Le Grand Schtroumpf, ça lui a pris comme une envie de supprimer la pub à la télé!
Mais, je t'avais pas expliqué ce qu'était (parlons au présent, elle est toujours vivante) est la Réforme du Lycée.
En gros, c'est le bac encore moins cher.
Mais même les lycéens, ils en veulent pas! Marrant qu'on leur propose de moins bosser et qu'ils refusent!
Bon d'accord, ça t'avance pas beaucoup mon explication.
Alors la réforme de la seconde (car pour l'instant, il ne propose que la réforme de la seconde, la première et la terminale devraient suivre), c'est le changement complet de l'organisation des cours.
Les élèves choisissent des cours fondamentaux, obligatoires: français, 2 langues vivantes, maths, histoire-géo et éducation civique, EPS (sport quoi) et sciences expérimentales (physique, chimie, bio) sur 21h/semaine.
Puis ils choisissent deux modules en option. Il s'agit de 4 groupes de matière: humanités et art, sciences, sciences de la société et technologies sur 6h/semaine.
A cela s'ajoutent 3h/semaine d'aides en tout genre: soutien scolaire, aide à l'orientation, méthodologie, etc....
Parallèlement à tout ça, les trimestres disparaissent et l'année s'organisent en "semestres". Si au premier semestre le lycéen n'aime pas une module, il peut en théorie changer au semestre suivant.
Bref, Darcos, notre Schtroumpf à Lunettes qui sait mieux que tous les profs en poste et que tous les élèves en classe, a dit que c'était formidable, que le niveau allait remonter (comme si il avait baissé, voir mes explications dans cette note l'année dernière) et qu'on aurait bientôt 80% d'une génération au bac.
Je sais tu te dis que c'est déjà largement le cas les 80%, mais vois-tu, "là-haut", ils veulent compter aussi tous ceux ratent le bac technologique et/ou professionnel, ceux qui arrêtent l'école et ceux qui ne font "qu'un" CAP ou un BEP...
C'est bien beau comme dit ça mais voilà:
- AUCUNE information sur le bac auquel ça prépare et sur la première et la terminale qui devraient suivre... Comment voter pour une seconde quand on sait pas à quoi elle mène...
- AUCUNE concertation ou presque.
- L'habituel passage en force et surtout cet empressement à ce que ce soit mis en place en 2009 à tout prix, pour une raison inconnue, mais sans doute la même que pour la pub à la télé et la réforme des concours...
Et puis, plus précisément, c'est pas terrible pour ces autres raisons:
- les Sciences Economiques et Sociales sont clairement mises au second rang alors qu'elles sont la matière principale de la filière ES au bac, filière qui marche le mieux depuis plusieurs années.
- 5h de cours en moins par semaine qu'à l'heure actuelle, donc probablement un niveau plus bas à la sortie.
- aucune explication de qui va prendre en charge et comment les élèves sur les 3h d'aide personnalisée.
- comment s'organiser quand les 3/4 des élèves auront suivi un module au premier semestre mais qu'un autre 1/4, qui les rejoint au deuxième semestre, n'aura pas fait la même chose? comment ce 1/4 va rattraper les autres? est-ce que ça veut dire qu'il pourra quand même suivre les mêmes cours en première ou pas?
- on demande à des enfants de tout juste 15 ans qui entrent au lycée, en filière générale (donc les plus indécis vu que les autres sont normalement en filière professionnelle et ont en théorie trouvé leur voie) de savoir exactement ce qu'ils veulent faire les 50 prochaines années et donc de choisir les cours en fonction alors que le lycée est justement là pour faire découvrir les matières.
- la mise en place des modules d'option risque d'être difficile en pratique car beaucoup de lycées ne pourront pas tous les proposer; de la même manière que le grec ancien n'est pas disponible dans chaque lycée à l'heure actuelle, on pourrait bientôt voir deux modules sur les quatre écartés, ne laissant en réalité aucun choix à l'élève; de plus les professeurs de ces matières se verront sans doute rattachés à plusieurs établissements à la fois (c'est très fréquent pour l'allemand à l'heure actuelle) et donc le suivi des élèves en pâtit.
Evidemment, le lycée sous sa forme actuelle n'est pas parfait et il mériterait en effet une réforme en profondeur. Mais justement, si c'est une réforme en profondeur, notre cher Schtroumpf à Lunettes devrait prendre un peu son temps pour pondre un truc vraiment calé, en ayant demandé aux lycéens ce qu'ils voudraient améliorer, aux profs, aux inspecteurs, aux parents etc... bref, aux gens qui auraient sans doute quelque chose à en dire!
Au lieu de ça, le Schtroumpf à Lunettes se transforme en Schtroumpf Farceur et nous fait de jolis cadeaux qui vont faire BOUM!
Bref, le plus drôle dans cette histoire, c'est qu'officiellement, le Schtroumpf à Lunettes repousse la réforme à cause de la grogne des lycéens.
Bah oui, les blocus des lycées, c'est pas gentil! Mais la mobilisation des profs qui, je voulais le signaler ici au cas où t'en n'aies pas entendu parler, ont soutenu les lycéens! Dans de nombreux lycées, les profs accompagnaient les élèves dans le blocus! Ils ont organisé des réunions d'information avec les parents pour leur expliquer pourquoi leur enfant s'était transformé en Che Guevarra!
Car non, les lycéens ne sont pas des Bisounours...
Dommage quand même qu'on entende plus les lycéens qui tapent du pied par terre pendant trois semaines* et qui obtiennent ce qu'ils veulent et qu'on oublie l'engagement des profs (depuis des mois) avec eux et qu'on oublie l'engagement des profs (depuis des mois aussi) contre la réforme du concours...
Mais bon, un candidat au concours ne peut pas se permettre de bloquer son IUFM pour dire qu'il est en colère, alors il gueule minablement sur son blog...
Pour conclure sur la saga des Schtroumpfs qui n'aiment pas les Bisounours, voilà ce que ces sales mômes de lycéens seraient bien capables de chanter:
(c'est eux qui ont fait peur à Darcos, je suis sûre!)
* j'exagère un peu, mais la radicalisation du mouvement est en effet très récente... Est-ce que les évènements en Grèce ont fait peur?...
17:51 Publié dans Enseigner/Apprendre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : réforme, lycée, report, schtroumpf
13.12.2008
Comme par hasard...
Publié sur lefigaro.fr le 11/12/2008 à 16h48
Bavure de Montfermeil: le dossier à disparu.
Le procès d'Abdoulaye Fofana, accusé d'avoir caillaissé des policiers, et dont l'interpellation filmée montrait qu'il avait été passé à tabac, n'a pu avoir lieu comme prévu mercredi matin car l'original de la procédure a été égaré.
Abdoulaye Fofana, la victime présumée de la bavure des policiers de Montfermeil, s'est présenté mercredi matin au tribunal correctionnel de Bobigny pour rien. Son procès n'a pu avoir lieu. Le jeune homme est accusé d'avoir caillaissé, en octobre, des policiers, son l'interpellation musclée, au cours de laquelle il avait reçu des coups, avait été filmée par un voisin. A la surprise générale, le procureur a révélé mercredi que le dossier original de la procédure avait disparu. En l'absence du dossier et du procès verbal original de convocation sur son bureau, la juge n'a pus que constaté que le tribunal n'était plus saisi.
09:55 Publié dans A la une | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bavure, montfermeil, police, interpellation, musclée, filmée
09.12.2008
Bam!
Ce matin, j'avais prévu de finir ma dissert sur Ford et de l'envoyer aujourd'hui, avant de partir rejoindre ma grand-mère nouvellement veuve pour deux jours.
J'avais bien travaillé hier. J'avais réussi à écrire tout le corps de la dissert. Me restait que la conclusion. Je comptais la faire ce matin.
Pour bien m'y prendre, j'ai voulu relire ce que j'avais écrit la veille, histoire que ma conclusion soit cohérente avec le reste. Et du coup, ça a pris plus de temps que prévu, car relire 15p de dissert, ça prend du temps.
Et puis avant de partir, fallait aussi que je fasse une vaisselle qui datait de dimanche soir.
Bref, pas eu le temps de conclure. Il fallait que je passe faire le plein et si je voulais être "en haut" à midi, il fallait que je parte à 10h30.
Je fais mon sac. Les bocaux et tuperwares à rendre à ma grand-mère. Les cartes de remerciements pour les condoléances fraichement imprimées. Un ptit Shakespeare pour la route et de quoi finir ma dissert dans l'après-midi.
Je vais chercher ma voiture au garage, j'y range mes affaires, je mets Eels plein tubes (Beautiful Freak si t'es curieux) et je démarre en me disant que décidemment, il faudrait vraiment que j'aille faire faire cette vidange qui traîne depuis des mois, mais ça tombe mal, Mister T. est embauché 15j à sa bibliothèque du bout de l'autre département, bref, c'est pas pour demain...
Je pars donc, sors du garage, sors dans ma rue puis dans l'avenue... Passe un carrefour avec priorité à droite. Personne. Passe un deuxième carrefour avec priorité à droite. Ah. Un problème. Un gars en face veut tourner à gauche, mais je le gêne car je suis arrêtée pour laisser passer à ma droite une 307, qui veut aller en face de lui et qui semble gêner par celle d'en face de moi. On s'arrête tous. On se regarde. Et je me dis "on dirait qu'il y a que moi qui ai la place de passer", alors je redémarre.
Ouais, sauf que la 307 pense comme moi!
CRACK!
Premier accident de ma vie. Rien de bien grave. Juste ça:

Moi, j'ai rien (ouais, j'ai vu que tu t'inquiétais). Mais comme tu vois, ma voiture...
Et pis, le mieux, c'est que c'est moi qui suis en tort. Heureusement, je suis riche, je me paie une assurance tout risque.
Ouais, tout risque mais pas tout service car en payant ce que je paie, je pensais pouvoir avoir droit à un véhicule de remplacement... QUE NENNI!
Du coup, après moultes péripéties que je t'épargne (qui incluent un vieux pas content, un gentil assureur qui m'invite au chaud pour attendre une dépanneuse qui m'emmène chez le méchant carrossier qui m'engueule presque parce qu'il est 11h58 et que la pause de midi va commencer), je rappelle l'assistance (tiens, j'ai appris que l'assistance et l'assurance, c'est pas les mêmes...) que j'avais eu pour la dépanneuse pour qu'ils m'envoient un taxi pour venir me chercher chez le carrossier, que si j'avais su, j'y serais pas allée (m'enfin, j'avais peut-être pas le droit) car je serais rentrée chez moi à pied, pour me ramener... bah chez moi justement.
J'arrive chez moi, j'ouvre ma porte. Tiens, les clés de la voiture...
Grrrr... faut que j'y retourne!
Heureusement, la bonne âme mary, de retour de la manif anti-loi LRU, est venue me chercher avec son chevalier servant pour me ramener chez le carrossier pour que l'expert puisse faire son expertise avec une voiture dont il pourra ouvrir le capot!
Du coup, j'ai pu finir ma dissert sur Ford (on aurait cru ça prémonitoire, mais il n'en est rien, comme tu peux le voir, j'ai pas une voiture américaine mais allemande) cet après-midi quand même et je l'ai posté ce soir! Et peut-être même que je vais avoir là une occasion de faire faire cette vidange! Finalement, c'était plutôt bien de casser ma voiture!
17:52 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : accident, voiture, dissert, ford
04.12.2008
Petit coup de blues
Oui, hier, j'avais un ptit, non un bon gros coup de blues.
Retour en arrière.
Il y a un peu plus d'un mois, on a diagnostiqué à mon grand-père un cancer (déjà) généralisé. Les médecins qui se sont occupés de lui n'avaient jamais vu un cancer aussi foudroyant.
Mais re-retour en arrière.
Mon grand-père, c'était un homme de 80 ans qui, il y a encore 6 mois, faisait du ski de fond, du vélo, de la muscu, fendait du bois, marchait 2 à 5h par jour dans la forêt. Il ne se plaignait jamais (ou alors seulement parce que son travail n'était jamais à la hauteur de ses espérances, saleté de perfectionnisme que j'ai malheureusement hérité). Il ne tenait pas en place, détestait les jours de pluie où il ne pouvait pas sortir (car s'il ne faisait que pleuviner, il était dehors quand même, soit disant pour sortir le chien qui lui ne supporte pas la pluie et qui donc le suivait sur les talons histoire de dire "quand est-ce qu'on rentre").
Il était aussi un homme d'une dignité peu commune. Comme je te disais, il ne se plaignait jamais. Il supportait son lot. Il a bâti son entreprise de menuiserie mais l'a toujours regretté. Il aurait pu accepter une place à tête de l'entretien d'un hôpital où il aurait moins galéré. Cette entreprise, ma grand-mère y a travaillé aussi. Puis mon père, qui l'a reprise. A 65ans, il a fallu qu'il se rende à l'évidence, il fallait bien qu'il prenne sa retraite. Et puis à plus de 70, il a du la reprendre après la mort de mon père pour terminer les chantiers. Alors on peut dire qu'il a bien travaillé dans sa vie. Il adorait la menuiserie, travaillait le bois avec minutie et passion. Mais sans jamais rien en dire.
Il faisait partie de cette génération d'hommes qui ont connu la guerre. Il était jeune à ce moment-là, mais il a été capturé par les Allemands pendant un après-midi. Puis il a fait son armée en occupation dans le Tyrol. Il a gardé un très bon souvenir de l'Autriche. C'était toujours la montagne et les forêts, ses éléments naturels. Je sais par d'autres moyens que sa famille a été "du bon côté" pendant la guerre, sans pour autant être résistant. Mais il m'a appris de cette époque difficile qu'il ne fallait pas juger les "collabos" aussi durement. Qu'à l'époque, peu de gens croyaient en la libération, qu'il y avait des contraintes aussi bêtes que manger et de s'abriter qui entraient en jeu et qu'on avait eu bon dos de condamner après coup ceux qui pouvaient travailler avec les Allemands. Que rien n'avait été évident à l'époque.
Et puis mon grand-père, c'était un rigolo. En grandissant, c'était le grand-père rêvé. Il nous racontait des histoires, récitait des Fables de La Fontaine complètement inconnues, nous posaient des devinettes, nous laissaient faire du toboggan sur ses genoux après manger (chacune un; il nous asseyait sur ses genoux et les lâchaient pour qu'on glisse dessus, alors il fallait qu'on les reconstruise, on les remettait à l'équerre, puis on faisait mine de rajouter du ciment, des planches qu'on "clouait" pour consolider les genoux, mais, immanquablement, quand on remontait s'y assoir, tout "s'écroulait"), nous racontait des mini-blagues pas méchantes ("Pourquoi Napoléon portait des bretelles bleu-blanc-rouges?" "Pour tenir son pantalon", tout simplement)... Il nous emmenait en forêt, nous chantait des chansons, nous a appris à siffler, à faire du vélo, et même, plus tard à conduire (toujours dans la forêt!). Il nous a appris à "faire des paniers" (c'était aussi une blague qui consiste à demander à un naïf (donc souvent un enfant, évidemment!) de tenir dans sa bouche deux brindilles d'herbe pleines de petites boules, puis il tirait dessus, les petites boules se coinçant dans les dents). Il nous a fait rêvé comme un grand-père peut faire rêver ses petits-enfants.
Et puis, comme on habitait près d'eux en grandissant, on les voyait tous les jours. Quand mon père est mort, il a un peu pris sa place. Tout en restant à la sienne. Je sais pas trop comment expliquer. Il était quelqu'un qu'on ne peut que respecter. Quelqu'un à qui on a envie de faire plaisir, qu'on ne veut pas décevoir, et qui, ainsi, nous pousse plus loin, plus haut, sans jamais mettre de pression pour autant. Quelqu'un qui aide à se trouver soi-même, sans même en avoir conscience.
Cet homme est mort dimanche matin dernier, au petit matin. Il avait perdu beaucoup de poids ces derniers temps. Sur la photo que j'ai mise ici, il me paraît aujourd'hui "gros". Il a beaucoup souffert aussi. Mais il est resté d'une dignité jusqu'au bout, alors qu'il survivait dans une déchéance extrême. Il ne se plaignait toujours pas, ou peu. Il n'a rien dit de ce qu'il pouvait ressentir, de ce qu'il pouvait bien penser de se voir partir ainsi. Il est resté lucide jusqu'au bout. Il nous disait juste qu'il en avait marre. Et nous aussi d'ailleurs. Dire au revoir pendant un mois à quelqu'un de si cher, en le voyant si mal, c'était pas évident.
Pendant ce mois à l'hôpital, il a reçu quelques visites, je pense, qui ont beaucoup compté. L'ancien ouvrier de mon père, qui a repris l'entreprise après sa mort, est venu voir mon grand-père. Ce que cet homme pensait de lui, je ne peux que l'imaginer, mais voilà bien quelqu'un qui l'estimait grandement. Mon grand-père l'avait beaucoup aidé au moment où il démarrait. Et puis il y a eu cet ami à lui, un grand bourru, un peu sauvage, qui ne dit jamais rien, qui est en train de perdre sa femme d'une tumeur au cerveau, qui est venu dire à ma grand-mère combien il devait à mon grand-père. Et il y a eu H.. H. avait de gros problèmes pour sortir de chez lui en grandissant, après la mort de sa mère. Mon grand-père l'a sorti, lui a fait faire du vélo, lui a montré combien il s'enfermait sans jamais rien lui dire. H. considère que mon grand-père lui a sauvé la vie, que sans lui, il serait resté enfermé, se serait laissé paralyser par son esprit et n'aurait jamais eu la vie qu'il a eue.
Et bien moi, sans mon grand-père, j'avoue ne pas trop savoir ce que j'aurais pu devenir. Encore plus après la mort de mon père. C'était un homme de grand courage. Du courage de tous les jours. Celui qui manque pourtant à tant de gens, y compris parfois à moi.
On l'a enterré hier. Le plus dur ces 4-5 derniers jours, ça a été surtout les souvenirs que ça m'a rappelé de l'année dernière. J'aimais énormément mon grand-père. L'un des hommes de ma vie. Mais il avait 80ans. Et il souffrait beaucoup. C'était une sorte de délivrance de le savoir en paix. En revanche, retourner aux mêmes pompes funèbres, voir le même curé, dans la même église, dans le même cimetière, voir le corps reposer dans la même chambre funéraire et "profiter" du même temps glacial et neigeux que pour l'enterrement de ma mère, ça faisait beaucoup trop de points communs...
Je n'ai pas tellement pleuré ces jours pourtant. Après tout, ça faisait un mois que je vivais déjà ce deuil avant l'heure. Les marques d'attention des personnes importantes à ses yeux, elles, m'ont fait pleurer. Et j'ai pleuré pour ma grand-mère aussi. J'ai pleuré en voyant son corps inerte aussi. Mais je n'ai pas plus pleuré que ça.
En rentrant hier soir chez moi, après 4 jours loin de mes habitudes, j'ai redécouvert une nouvelle rumeur qui me fait très peur concernant l'année prochaine. De plus en plus d'indices semblent annoncer que le gouvernement souhaite supprimer l'année de stage rémunéré auquel mon CAPES me donne droit. Etant donné qu'on est la dernière session "à l'ancienne", on devrait être la dernière année à bénéficier de ce stage, qui complète la formation d'un concours ultra théorique et quasiment uniquement disciplinaire. Je suis la première à critiquer les IUFMs et je ne suis pas complètement mécontente de leur disparition (je préférerais "simplement" quelque chose de plus réfléchi à la place de cette réforme qu'on nous impose). Mais, je ne comprends pas pourquoi on nous enlèverait ce stage. La solution proposée c'est soit passer direct à 18h/semaine devant une dizaine de classes sans rien connaître du métier, soit une dernière année d'étude (non payée) en Master2 pour avoir un Master Education, comme ceux qu'ils sont en train de fabriquer...
Hier, c'est cette nouvelle, qui se fait de plus en plus officielle, qui m'a fait pleurer. Pleurer pendant toute la soirée. Pas tant parce que j'avais enterré mon grand-père plus tôt dans l'après-midi (même si j'aurais sans doute pas pleurer autant si ça n'avait pas été le cas), mais parce que j'ai très peur qu'on m'ait promis une chose et qu'on m'en donne une autre; peur que mon futur employeur se foute suffisamment de ma gueule pour bousiller mon avenir professionnel, peur que ce soit l'Etat qui fasse une chose pareille à toute une génération de malchanceux qui ont eu le malheur de se trouver là l'année où il fallait pas. Et dire que j'aurais pu faire mon stage cette année...
Et puis j'ai tellement pleuré, que j'ai fini par pleurer pour lui aussi. Car il va terriblement me manquer. A vrai dire, il me manque déjà.
11:14 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : coup de blues, déprime, mort, grand-père, rumeurs, réforme, plc2
01.12.2008
La suite
Désespérant:
La "petition" vers laquelle je t'ai envoyé via la vidéo n'a pas donné grand chose. Le document de 5p que tu trouveras en cliquant ici t'expliquera bien les enjeux et comment les "hautes instances" s'en foutent.
***
Sinon, pas le temps d'écrire. J'ai encore un enterrement cette semaine. Je t'expliquerai peut-être un jour qui était ce grand-père formidable qui est allé rejoindre Napoléon pour lui demander pourquoi il mettait des bretelles bleu-blanc-rouges.
16:10 Publié dans Enseigner/Apprendre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : réforme, concours, darcos, masterisation, master, prof, suppression


















