12.11.2009

Queen et moi

Depuis mon enfance, il y a un groupe qui m'accompagne dans toutes les étapes importantes de ma vie.

Parmi leur grand répertoire, il y a TOUJOURS une chanson qui me parle.

 

Il s'agit de Queen.

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Par exemple, quand j'ai pas trop la forme et qu'il me faut retrouver la pêche, immanquablement Don't Stop Me Now me remontrera le moral.

 

Bohemian Rhapsody aussi d'ailleurs.

 

Quand je veux me souvenir de mon père, je mets Innuendo, qu'il aimait bien.

 

Quand je veux pleurer mes morts, j'écoute No-One But You (que je peux pas te faire écouter, mais c'est pas plus mal, elle te ferait pleurer).

 

Quand je suis d'humeur féministe ou simplement envie de liberté, c'est I Want to Break Free (avec inévitablement un souvenir de Gaetan qui fait du play-back dessus quand on devait avoir 10-12ans).

 

Quand je déteste l'amour, Too Much Love Will Kill You.

 

Quand j'aime la vie, It's a Beautiful Day.

 

Il y en a pour toutes les occasions.

 

Il y en a même une lorsque je réussis à avoir le silence avec la classe verte pendant UNE HEURE ENTIERE, il y a The Miracle:

 

11.11.2009

On y croit

Bilan de cette première semaine de reprise après les vacances de la Toussaint: "mouais, mais on y croit".

 

Jeudi dernier donc, il a fallu retrouver mes zozos.

J'étais assez reposée. J'aurais voulu deux jours de plus mais quand même. J'avais presque envie d'y retourner!

 

Avant les vacances, ils avaient commencé à réaliser un poster de conseils alimentaires pour clore la belle séquence que j'avais tout faite moi-même et que j'ai bien ratée sur pas mal de points.

Ils avaient 2 séances pour le faire. Je les ai guidé en leur proposant des étapes de réalisation et j'avais noté au tableau les "incontournables" qu'il fallait inclure sur le poster pour avoir une bonne note.

A mon sens, ils avaient tout.

Seul souci, la gestion du temps quand t'as 13 ans.

Pour être tout à fait exacte, il faut aussi dire qu'ils avaient eu à la première de ces deux séances (donc le dernier cours avant les vacances) un petit contrôle sur les verbes irréguliers. A la deuxième séance (et donc à la rentrée), j'avais prévu de prendre le temps de le corriger vite fait. Donc, certes, ils perdaient, selon mes prévisions 20 à 25min sur les deux heures.

La classe orange, celle des gentils, a réussi à ne perdre que ces 25min.

La classe verte, parce qu'elle met du temps à s'installer, à se taire, à s'assoir, à se retaire, à faire le devoir, à se retaire, à écouter les consignes qu'il faut que j'arrete de donner parce qu'ils doivent se reretaire et parce qu'ils comprennent rien aussi, bref, la classe verte, elle a perdu beaucoup plus de temps à cause de ces verbes irréguliers.

Ah et le travail en groupe, ils savent pas trop faire on dirait. Même si j'avais balisé avec des étapes écrites au tableau.

 

Résultat: deux ou trois affiches pas tout à fait terminées mais quasiment finies quand même mais tout le reste fini dans la classe orange . Et deux ou trois affiches pas tout à fait terminées mais tout le reste à peine commencé dans la classe verte!

Tu verrais ça, c'est vraiment mi-nable!

 

Je suis très embêtée avec ces affiches. On est sensé les afficher dans le hall du collège. Et elles n'existent quasiment pas en fait.

Je suis très embêtée aussi parce que les gentils ont été drôlement pénalisé de devoir travailler avec les nuls. Moi, je les avais tous mélangé pour répartir les forces et faiblesses. Résultat: c'est tout raté.

Je suis aussi très embêtée pour noter car clairement, je crois qu'aucun n'aurait la moyenne.

 

J'ai donc pensé leur laisser un peu de temps pour finir leur poster. La classe orange, je les préviendrai demain en disant qu'ils auront 5min pour finir véritablement leur affiche. Et ça leur suffira. Ils auront à préparer ce qui manquait chez eux puis ils pourront tout coller et écrire très vite.

Pour la classe verte, ils auraient besoin de beaucoup plus mais bon,

a) j'avais bel et bien précisé que c'était à rendre en fin d'heure mais comme d'hab, la moité n'écoute pas

b) j'ai exigé qu'ils soient silencieux lundi en leur disant "si vous êtes sages, vous aurez 15min pour terminer lundi", mais vu qu'ils n'ont pas été très sages, j'ai décidé de baisser à 5min...

c) j'en ai marre de me retrouver sans cesse en train de me dire "est-ce que c'est moi qui fait tout de travers pour qu'ils comprennent rien?" alors que visiblement, la classe orange me comprend très bien (même les nuls) et que les bons de la classe verte font exactement ce que je demande, donc c'est pas que j'ai oublié de leur dire!

 

Bref, avec tout ça, j'ai toujours pas noté les posters, et je pense pas que ce sera fait avant mercredi prochain.

 

Jeudi, j'ai aussi eu l'occasion tant espérée de discuter avec mon nouveau tuteur. Le vrai. Celui choisit par l'inspection pour me guider sur le chemin de la réussite professionnelle.

Après ma tutrice-adorable-mais-pas-très-tutrice, j'espérais quelqu'un qui pourrait venir me voir avec mes affreux et qui me diraient clairement quoi faire avec eux (surtout qu'ils les avaient pour la plupart l'année dernière).

Mouarf! Que l'espoir est vain!

Bon, c'est pas une cata totale hein. Mais pour l'instant, il m'a fait l'impression d'être du même acabit que ma tutrice, si ce n'est qu'il aurait des pratiques un peu plus en conformité avec les instructions officielles actuelles.

En revanche, alors que j'ai que 6h de cours, et qu'il n'a cours lui-même que pendant 3 de ces 6h, il ne viendra me voir qu'avec la classe orange, à l'horaire habituel où ma tutrice venait me voir. Comprends-tu, il n'a pas cours le lundi de toute la journée, alors il va pas se déplacer pour voir mes deux autres cours du lundi alors que j'ai la classe verte de 11 à 12h, l'horaire sans doute le plus facile pour venir me voir...

Pendant notre discution, il m'a aussi avoué qu'il ne comprenait pas pourquoi "ils" l'avaient choisi. (Moi je sais, c'est qu'"ils" manquent de tuteurs).

Bref, je n'ai aucun espoir d'avoir un vrai retour de comment je tiens ma classe, de comment je pourrais améliorer tout ça ou de combien c'est grave de la faute des élèves et pas de moi...

Malheureusement, l'espoir est une saleté qui fait que j'imagine encore que, si les choses empirent, il viendra peut-être quand même une fois, exceptionnellement...

D'après lui, l'inspectrice peut très bien comprendre que c'est une classe difficile... Il la connaît pas trop mal je crois (l'inspectrice hein, pas la classe). Mais ça me rassure pas tant que ça.

Je suis rentrée chez moi persuadée que mes problèmes allaient rester, empirer et dégénérer.

 

Passe le vendredi avec une première séance à l'IUFM sur notre fameux "Ecrit professionnel" ou mémoire-à-la-noix. Il fallait un sujet pour mardi. Les joies du calendrier IUFM... Bon, moi, ça tombait pas si mal, j'avais déjà un sujet (l'échange d'e-mails avec la classe orange et la classe américaine) sauf que la formatrice n'y est pas allée de main morte: "Ouh là, là, mais faut être sûr de son coup là! Et si jamais ça plante? Parce que faut pas se leurrer, mais ça réussit hyper rarement ce genre de truc. Nan mais je dis pas ça pour vous décourager mais moi, toutes les expériences que j'ai eues et toutes celles que j'ai entendues, ça a mal fini!"

Super.

 

Le weekend commençait donc moyen.

Mais bon, Océane est venue (pas toute seule hein) voir mon chez moi à la Nouvelle Ville pour la première fois donc ça a bien passé dimanche.

 

Nuit de dimanche à lundi.

Comme beaucoup de nuits de dimanches à lundis, je n'ai pas beaucoup dormi. Pendant le weekend, j'avais pris quelques résolutions concernant la classe verte et j'avais la distribution des correspondants pour la classe orange. J'appréhendais pas mal.

Ah et aussi, j'ai repensé à combien j'y arrivais pas, combien y'avait du boulot pour ce fichu mémoire et combien j'étais une prof trop nulle qui finalement n'aimait pas vraiment ce métier.

Le fait de ne pas aimer le métier ne m'inquiète pas plus que ça pour l'instant, je pense qu'il faut que je m'y habitue. Mais à 3h du mat', je suis incapable de relativiser comme ça. Et donc, je fais une crise de panique.

 

Lundi, je suis arrivée au boulot avec les yeux au milieu des joues. Mon ancienne tutrice a trouvé qu'il fallait que ça cesse.fatigue.jpg

Je suis bien d'accord avec elle.

 

Mais la journée de lundi n'a pas été SI mal.

 

J'ai vu la prof principale de la classe verte. J'ai eu le malheur de lui dire que j'allais mettre mon premier 0/20 à une tenue de cahier.

A qui?

A M. (il ne s'agit pas de M. dont je t'ai déjà parlé et qui est un garçon, là, c'est M. une fille pipelette en grande difficulté).

Et pourquoi? Tu peux pas mettre un 0 à un cahier!

(Là, instant de doute de mon côté "quoi? on n'a pas le droit?")

Bah si tu voyais l'état dans lequel il est! Il est déchiré pour faire des petits mots et tout, c'est vraiment n'importe quoi.

Nan mais d'accord mais tu mets 1, ou 0.5 etc... mais ça vaut pas 0 quand même! Enfin, tu fais comme tu veux mais là tu dis qu'il n'y a rien de bon quoi.

Ah mais non, j'ai bien précisé qu'elle aurait eu 3/20 sans les déchirures! Et puis en plus, je leur laisse à tous la possibilité d'améliorer leur cahier et de me le présenter refait!

Ah bon, bah fais comme tu veux.

 

h-3-1290838-1246436130.jpgPurée, j'ai vraiment l'impression qu'elle me prend pour une m****. On n'a tellement pas la même conception de notre métier, c'est assez dingue. Et surtout, ça m'énerve qu'elle me prenne pour une réac complète alors que je suis quand même pas du genre à flanquer une baffe à un gamin non plus!

 

Un peu plus tard, je lui reparle de son histoire de faire une réunion pédagogique avec tous les profs concernant la classe. Elle avait oublié. Je lui précise bien que je suis pas là les mardis et vendredis et que j'aimerais être là si jamais elle le fait et que l'idéal, c'est de le faire avant la réunion parents-profs de lundi prochain!

Béni soit moi-même d'avoir dit ça!

Elle a cherché deux minutes et en a conclu que j'avais raison, qu'il fallait le faire et que le mieux c'était jeudi à midi.

Je mange pas le midi au collège vu que j'ai cours qu'à partir de 13h30 mais là, j'y serai!

 

Après qu'elle ait affiché la "convocation" à la réunion en salle des profs, j'ai entendu des langues se délier.

Le prof d'SVT qui a la 50aine et qui est assez balaise ne les supporte pas et a affirmé "qu'il a jamais vu ça". Il arrive à avoir un certain calme mais au prix d'être une peste avec eux pendant toute l'heure et en ne laissant rien passer alors qu'il n'a jamais à faire ça. Une autre prof aussi passé la 50aine a, semble-t-il, des problèmes similaires aux miens.

Seul le prof de maths ne s'en plaint pas. Mais il admet volontiers que lui, il a la chance de pouvoir les mettre à l'écrit en permanence.

 

Là dessus, j'ai eu la classe verte elle-même.

Je leur ai passé un savon monstrueux concernant le poster, les derniers devoirs et la tenue du cahier. J'ai dit que plus un bruit. Que j'appelerai les parents désormais. Que les punitions seraient augmentées et désormais signées par les parents ou prof principale (tu parles!) ou principal tout court (youhou!). Que je consignerai toutes les remarques que je leur ferai dans mon cahier aménagé exprès à cet effet.

Et que désormais, on allait bosser!

J'ai eu une paix relative. C'était encore un cours "spécial" dans le sens où il était en français et c'était de la méthodologie. Difficile d'avoir donc un calme olympien. C'était un cours qui ressemblait pas tellement aux autres et donc devait donner l'impression de relache.

 

Mais demain donc, on y croit:

- on reprend la main sur la classe verte en ne laissant RIEN passer.cane1.JPG

- on voit ce que la réunion peut donner et je vais (re)proposer de faire quelque chose "en groupe" pour cette classe. Je sais pas moi, même plan de classe dans tous les cours, fiches de sanctions communes à tous, réunion de tous les profs devant la classe en même temps pour leur dire que maintenant ça commence à bien faire... (Bon, je pense qu'on va s'en tirer avec des fiches de suivi seulement, mais au moins, je pourrai voir comment les autres profs s'en tirent).

 

Et demain, je lance officiellement l'échange avec les Americains aussi! On devrait envoyer le premier email demain après-midi!!!

(C'est vraiment GE-NIAL de voir combien les gamins ont l'air contents! Et ça fait plaisir parce qu'au moins je me décarcasse pas dans le vent!) (Dans ces moments-là, je suis pas loin de l'aimer mon métier).

 

A suivre, la semaine prochaine: la première rencontre parents-profs de ma carrière!

23.10.2009

Vive les vacances, vive...

l'insouciance!

Les cahiers au feu et la maîtresse...

 

Ah non! pas la maîtresse!

 

 

Bon, ayé, j'ai survécu à ma première période scolaire en tant que prof. 8 semaines de prise en main de mes classes et de galère innommable pour faire mes cours.

 

Pfiou! Comment peut-on faire ce métier toute une vie?

Alors oui, je sais. On prend ses marques. On s'habitue à un certain nombre de choses. On prend des habitudes qu'ensuite on n'a plus besoin de (trop) remettre en question. Alors que moi, là, je remets tout en question. Du "comment je m'habille ce matin" au "j'utilise le feutre bleu ou le noir". En passant par la question qui me bouffe constamment "est-ce que je punis directement ou je laisse encore une chance?".

 

Ayé, c'est dit. Je crois qu'il faut que j'arrête de donner des chances.

Je crois trop en la perfectabilité de l'Homme. Enfin de l'Elève.

J'imagine encore que si je lui dis "attention, tu vas avoir une punition", il comprend qu'il faut se taire.

 

Je suis pour la prévention et non la répression.

Mister T. m'a perverti avec ses idées de gauchiste humaniste!

M'en vais me transformer en Besson-Hortefeux et les reconduire à la frontière, guerre ou pas guerre!

 

Comme tu le sais déjà, la classe verte avait été absolument horrible la semaine dernière.

A tel point que j'en ai eu (plus maintenant puisque c'est les vacances, l'insouciance, les cahiers au feu et la... mais non, je te dis!), bref à tel point que j'en ai eu un mal de cou assez énorme (ma psy m'aurait "le mal de cou, c'est la peur") et des insomnies pas très sympas.

Exemple mardi soir. Mardi j'avais eu une demi-journée à l'IUFM (la séance thérapie collective était assez sympa mais c'est uniquement parce qu'on a eu le seul formateur sur les trois intervenants qui était bien, les autres groupes ont tous cru qu'ils allaient devoir se pendre pour sortir de là). Autrement, mardi j'étais plutôt reposée.

Je me couche tranquille. Je lis quelques pages de mon roman historique de 1084p (purée, ce que j'aime les bons gros pavés comme ça).The+Pillars+of+the+Earth.jpg Quand je vois que j'ai les yeux qui se ferment tout seuls sur les pages, je ferme, j'éteins la lumière.

Je suis toujours tranquille. Tellement tranquille que je me dis: "c'est dingue comme je suis tranquille, pour une fois, je pense même pas à la classe verte!".

TROP TARD!!!!!

Il était 23h. Je n'ai pu m'endormir que vers 3h30/4h. Je me levais à 7h20. Pour une nuit d'insomniaque, c'est pas si mal quand même.

Mais pour m'endormir si "tôt", il a fallu que je rallume, lise encore 2h sans aucun effet (heureusement que j'adore ce livre), que je m'énerve et me mette à chialer en maudissant ces sales merdeux (non, c'est pas déontologique de traiter ses élèves de sales merdeux, mais tant pis, ça soulage quand même un peu), que Mister T. me donne un bras pour me consoler en son creux pour que je finisse par entrer dans un demi-sommeil suffisant pour tenir à peu près la journée.

Résultat mercredi matin: la classe orange a été horrible (oui, oui la classe orange! mais faut dire qu'ils devaient décrire leurs préférences pour les correspondants américains et du coup, ça partait dans tous les sens) et la classe verte a été tout à fait tenable pendant 30min! (Après, ils ont eu le contrôle de compréhension orale qu'ils ont trouvé super-trop-dur-madame-on-comprend-rien alors que la moyenne de la classe est à 6.35/10 donc pas si mal et du coup, leur naturel d'agités est revenu au galop...)

 

Lundi, ils avaient été suffisamment eux-mêmes et mon insomnie de mardi soir, et mes envies de vomir de dimanche soir + lundi toute la journée et mon cou tout raide ont été suffisamment explicites pour que je me dise: il FAUT que je fasse quelque chose pour cette classe.

Et il FAUT que je parle avec leur prof principale. Même si je doutais de son envie de faire quoi que ce soit vu que lundi, tout ce qu'elle a trouvé à me dire pour M. que j'avais exclu la semaine précédente, c'est qu'il fallait que je change mes méthodes (en gros).

D'habitude, c'est les parents qui te disent comment faire ton boulot. Là, c'est même les collègues:

"t'as qu'à le mettre dans un coin avec des exercices plus durs exprès pour lui".

Oui mais j'ai un peu peur qu'on me tombe dessus là car j'ai pas trop le droit de faire ça.

"Qui ça? Nous? On va pas te tomber dessus?"

Non, non, vous je m'en fiche, mais j'ai un peu l'IUFM et l'inspection sur le dos cette année.

"Ah, t'es stagiaire?"

(Ouais, patate! c'est bien de te renseigner sur les profs de tes bambins)

"Bah tu le fais pas quand ils viennent et puis c'est tout. De toute façon, M., il a son père aux US, il est quasi-bilingue"

(Ouais, M. a un père qu'il ne connaît pas aux US et il fait plein de fautes, il a un niveau seconde certes, mais pas un niveau bilingue) Euh, admettons mais j'ai un vrai anglophone dans l'autre classe et c'est pas pour autant qu'il me fout un bazar pareil et pourtant il doit s'ennuyer encore plus!

"Nan mais je te dis, t'as qu'à lui donner des exos en plus quand il est pénible et puis voilà".

 

Super. Pas eu trop le choix de dire autre chose car j'avais pas d'autres solutions à ce stade.

Chez nous, on fait de l'oral, de l'oral et encore de l'oral. Autrement dit, je peux pas lui donner, genre, plus d'exercices que les autres puisque les autres, ils ont pas d'exercices (pas bien les exercices de grammaire!). On fait que des "activités" à l'oral et là le gamin, je peux pas lui dire de faire son oral plus difficile dans son coin tout seul...

Si je suis les directives de l'IUFM, il faut que je puisse l'intégrer dans mon cours en lui donnant une place particulière. Genre mon "assistant".

Je rappelle (pour ceux qui suivent pas) qu'il s'agit de la classe verte. Ceux qui rigolent comme des bossus pour un rien. Alors M. au tableau, j'ai peur que ça lui donne un peu trop de l'importance.

Et en même temps, ce gamin dont la mère ne s'occupe pas (elle travaille à l'étranger et rentre à peine une fois par semaine, voire moins souvent encore), qui ne connaît pas son père mais qui raconte à tout le monde qu'il a un père aux US (sans doute vrai mais il se garde bien de dire qu'il le connaît pas) et qui vit chez sa grand-mère dont il ne veut pas qu'elle signe les mots dans son carnet (il doit y avoir une super ambiance entre eux), bref, ce gamin là, il a besoin aussi qu'on lui donne de l'importance...

Bref, j'ai toute les vacances pour y réfléchir, même si j'ai déjà dit à M. que j'essayerais de trouver un moyen pour l'occuper (après tout, c'est LUI qui réclame le travail supplémentaire).

 

 

Bon, on en était à la PP.

 

Mercredi, j'ai donc discuté avec ma pote néo-tit (autrement premier poste, elle était stagiaire l'année dernière) d'histoire-géo qui a aussi la classe verte et qui, je cite, "ne peut plus les blairer, je les hais, je les déteste, je déteste leur faire cours, ils me sortent par les yeux, je ne leur dis plus bonjour dans les couloirs tellement je peux plus les voir en peinture".

Je lui soumets mon idée de faire un truc "en force". Genre tous les profs se pointent dans un cours de la classe verte et disent: "maintenant, vous vous calmez sinon y'aura ça, ça et ça; on se met au boulot".

 

J'ai eu beaucoup d'échos positifs de cette méthode. Plus l'équipe est soudée, plus ça marche.

 

Elle me dit qu'elle serait pas contre mais que de toute façon, la PP leur trouve trop d'excuses et que du coup elle est pas sûre que ça passe. Elle me dit aussi qu'elle s'en fiche presque de son côté car, elle, elle a 4 ou 5 autres classes qui sont super et donc, les 3h avec la classe verte sont justes 3h à passer et qu'elle a le reste pour se sentir bien dans ses pompes. Pas moi, j'ai que deux classes. Du coup, 50% de mes cours se passent mal...

Je décide donc de demander un RDV à la PP. Je lui laisse un mot dans le carnet (c'est littéralement ce que j'ai tapé en premier) dans son casier en précisant que je veux la voir avant les vacances (je veux des vacances AVEC l'insouciance moi).

 

Jeudi (hier donc), à la récré de l'après-midi, je la croise. Elle a pas le temps avant les vacances pour qu'on se voit.

Mais "c'est qui le problème?".

(C'est tous andouille!) Bah, une bonne grosse moitié de la classe.

"Mais t'as essayé de cibler les agitateurs?"

Cibler 15 gamins, c'est pas simple...

"Non, mais faut que tu me dises qui t'enquiquine particulièrement et puis moi après, je peux appeler les parents ou autre. Je pensais faire une réunion avec l'équipe pédagogique (les autres profs de la classe quoi) pour mettre en place des fiches de suivie (l'élève qui a une fiche de suivi doit présenter sa fiche à ses profs à chaque cours qui y écrivent comment il s'est comporté)".

Non, mais j'aimerais qu'on discute de la classe entière là. Parce que les fiches de suivi, pour moi, y'en aura 15.

"Je crois vraiment qu'il faut cibler les individus. Chaque prof a un problème avec quelques élèves différents à chaque fois. On peut faire que des actions ponctuelles sur des gamins bien précis, y'a que comme ça qu'on s'en sortira."

(la déception doit se lire sur mon visage à ce stade)

Bah moi, je pensais plutôt à un truc massif, genre on se pointe tous dans un cours et on met les choses au clair avec la classe.

"Ah mais non, ça marche JAMAIS ce genre de truc! Non, non, non! A la rigueur, je veux bien réorganiser une réunion de l'équipe pédagogique à la rentrée mais ça ça marche jamais"

Bah moi, j'en ai entendu QUE des échos positifs. T'es la première à me dire le contraire.

"Ah, non mais je t'assure. Bon, faut que j'y aille. Mais si tu veux, je fais cette réunion parce que je pensais le faire de toute façon".

 

Okay. La première n'avait servi à rien. En plus j'avais pas pu y être (cette fois, je ferai tout pour y être en espérant que ce soit pas un jour d'IUFM (c'est ça qui me fait le plus peur d'ailleurs)). J'ai juste su que ce jour-là, elle s'était engueulé avec le prof de français (qui sera plus là à la rentrée car il prend sa retraite) parce qu'il trouvait que cette classe était impossible, qu'il avait jamais vu ça (le gars, 40 ans de métier hein, je sais qu'en vieillissant, on a tendance à penser que "c'était mieux avant" mais quand même) et qu'elle leur trouvait beaucoup trop d'excuses et que "arrête de les protéger comme ça!"...

 

Les vacances ont donc pas très bien commencé. J'avais décidé en début de semaine que j'aurai réglé le problème avant les vacances mais l'avenir avec cette classe est des plus brumeux.

 

En réalité, je crois que je m'accomoderais assez bien, pour me protéger la conscience et la santé, de l'idée que "de toute façon, je peux rien y faire" et que "s'ils apprennent rien cette année, c'est pas mon problème". C'est plus difficile quand je pense aux 8 élèves sérieux qui veulent, eux apprendre quelque chose mais.

Faire appel à leur conscience et leur sens des responsabilités (genre, "l'année prochaine, vous passez le brevet et vous devez valider un niveau A2 pour l'avoir") ne sert strictement à rien à 13 ans. Je crois que le sentiment de culpabilité n'existe plus à cet âge là. Et comme en plus, à ce moment-là de la vie, il devient important de faire rire les copains pour avoir une vie sociale épanouïe et de faire le mâle dominant pour lancer les prémices d'une vie sexuelle, j'ai vraiment pas beaucoup de poids de mon côté.

Surtout s'il faut que je me batte toute seule.

 

Mais moi, même si je ne joue pas ma vie sociale ou sexuelle dans ce combat-là, je joue ma vie professionnelle. Si je suis inspectée avec cette classe, dans cet état, c'est juste pas possible.

 

Plan d'action:

- trouver de nouveau moyen de faire de la discipline dans cette classe (peut-être y intégrer M. qui, même si parfois il y participe, râle tout de même souvent contre le bruit)

- réfléchir à ce que je vais faire de M.

- aller gentiment à la réunion de la PP qui servira sans doute à rien mais si je peux y être, je peux préparer l'assaut à coup de "et si on faisait une invasion de profs et qu'on mettait en place un plan de classe commun, un plan de discipline commun et qu'on se serrait les coudes au lieu de vivre chacun notre merde dans notre coin?" et que si elle est pas contente, tant pis pour elle et j'aurai essayer.

- si ça marche pas, j'irai voir le principal.

 

Faut que tout le monde sache que ça va pas. Tout le monde sauf l'IUFM dans un premier temps.

 

A la rentrée, il y a A. qui part (dommage, A. était une mine à perles) donc la classe verte tombe à 24 élèves. Et puis à la rentrée, il y a aussi mon vrai tuteur qui revient et que j'ai rencontré lundi. Il a l'air de prendre le rôle à coeur et je pense qu'il va venir plus souvent me voir en classe; j'espère ainsi progresser peut-être plus vite.

 

Bon, allez, c'est quand même les vacances. Au moins pour quelques jours (après je vais devoir préparer mes cours à venir). Alors pour fêter ça, je te propose une petite playlist à base de Dire Straits. Quand j'étais gosse, ma mère écoutait souvent Dire Straits. Mon père aussi. Ecouter cette musique me replonge un peu dans mon enfance. (La dernière Why worry? était d'ailleurs à l'enterrement de ma mère).

 

Découvrez la playlist Dire Straits avec Dire Straits

11.10.2009

Une semaine en enfer

Oui, mieux que Bruce Willis. Une semaine entière!

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La semaine a été dure.

 

Après un weekend passé entièrement à bosser sur ma séquence (celle que j'invente de bout en bout), je me suis pointée lundi matin au collège, la fleur au fusil en ayant dormi... 2h. Oui, j'ai fait que penser à ma séquence, à mes cours, à des détails de la foule de choses que j'ai à faire/penser/demander...

 

La classe orange arrive, il est 8h30. Ils sont aussi endormis que moi. Le cours se passe. Pas exceptionnel, mais ça va.

 

A 10h, j'ai du aller voir le cours de 6ème de ma tutrice. Décidément, j'y apprends rien d'extraordinaire. Et je regrette de passer mon temps au fond de son cours alors que je pourrais peaufiner les miens/aller demander ce que j'ai à demander/repérer la salle informatique pour mes échanges de mails/repérer le matériel vidéo pour montrer des films ou autres.

 

Encore une fois, ma tutrice est très gentille hein. Mais elle savait même pas qu'un vidéoprojecteur existait dans l'établissement ! Elle fait écrire le cours à ses 6ème en même temps qu'elle l'écrit au tableau (il ne faut jamais O grand jamais faire une chose pareille ! c'est complètement anti-pédagogique ! ) (il se trouve que je suis d'accord avec ça d'ailleurs)... Bref, je suis pas certaine d'apprendre grand-chose avec elle. Heureusement, j'ai eu confirmation cette semaine que mon vrai tuteur devrait revenir à la rentrée de Toussaint. En même temps, je sais ce que je quitte, mais pas ce que je trouve...

 

Bref, impression de perte de temps puis, ensuite, la classe verte, toute pimpante de son weekend et, à 11h du matin, la faim dans le bide et l'esprit bien réveillé, ils ont été tout bonnement infernaux.

En même temps, si j'y regarde de près, pas beaucoup plus que certaines fois. C'est juste que comme je les avais pourris le jeudi précédent, je pensais qu'on était reparti sur de bonnes bases.

 

Le jeune prof est naïf.

 

Quand enfin la sonnerie (ou le bruit bizarre qui fait office de) a retentit, j'ai peut-être été encore plus soulagée qu'eux. Ils sortent tous les uns après les autres jusqu'au moment où il n'en reste que trois et moi. Deux garçons (pas les plus pénibles, mais pas les plus angéliques non plus) discutent, à voix haute, pendant que je range mes affaires :

« - C'est trop nul les cours d'anglais cette année » dit D.

(D. est un petit prétentieux qui aime beaucoup la ramener alors que franchement, y'a de la place pour progresser. J'ai appris mercredi que D. essaie sans cesse de piéger, en vain, la jeune prof d'histoire-géo aussi.)

« - Non mais c'est pas ça, c'est juste qu'il y a beaucoup plus de bruit que dans les autres cours » dit H.

Brave H. (avec une lettre pareille, vu la mode actuel, je pense que tu auras peut-être même deviné le prénom... et non, c'est pas Henri ou Hippolyte... heureusement pour mon grand-père !), je disais donc, brave H. qui lui, a remarqué que la prof était là, et qu'il serait bon de pas trop se faire remarquer pour pas se faire saquer au prochain contrôle.

Soyons clair, j'ai pas eu très envie d'être sympa avec D. le bavard-qui-voudrait-moins-de-bruit-pour-se-concentrer quand j'ai corrig2 les tests sur 10 de vocabulaire et quand j'ai attribué la première note de participation et d'oral de l'année hier !

 

Non seulement, je savais que mon cours s'était mal passé et en plus je me prends cette réflexion dans la gueule.

Tout ce que ma tutrice sait me dire à tout ça c'est « ah bah ça, ouais, y'en a qui sont comme ça, ah ouais ». Encore une fois, elle est super compatissante mais bon, aucune solution là quoi.

 

Et dire qu'on est que lundi midi !

 

Je continue donc si tu le veux bien. Vu que je vois plus ma psy depuis quelques mois, ça me fait du bien de parler là ! :P

 

Lundi midi, quand je suis rentrée chez moi, j'ai pleuré un bon coup.

« Chuis trop nulle ! » « Je vais jamais y arriver ! » « Mais pourquoi j'ai voulu faire ce métier, il est trop chiant, trop dur, trop ingrat ! » « Y vont avoir droit qu'au bouquin à la noix ces imbéciles ! »

Et aussi : « m'en fous, mercredi, la première colle tombe ! ».

 

Mardi, IUFM. Une journée à l'IUFM comme une autre. En particulier comme un mardi à l'IUFM. Et en particulier le cours de philo du mardi à l'IUFM... *gros gros gros soupir*

 

Mercredi, je me pointe déterminée. Remise de mes émotions bien que crevée toujours par mes incessantes pensées pour le boulot (genre, je me réveille le matin vers 5h30 ; à 5h30 et 5s, je pense au boulot ; et c'est comme ça jusqu'à ce que je me lève car je peux plus me rendormir), je récupère ma classe verte après la récré.

Superbe performance de leur part ! Encore une fois. Sauf qu'aujourd'hui, j'avais des flash-cards. Et les flash-cards, il faut qu'ils participent et que ce soit le zouk, sinon ça marche pas. Et là, pour le coup, ça a marché du tonnerre de Dieu ! Et la colle me semblait être une aberration si je voulais compter sur leur collaboration pour faire marcher le cours.

 

Pas grave, je me rattraperai jeudi.

Jeudi, c'est aussi le jour où ma tutrice peut venir me voir. Heureusement, seulement avec la classe orange.

 

Jeudi donc, je commence avec les terribles. Contrôle de vocabulaire. Silence religieux, si, si. La dernière fois, j'ai distribué des -2 quand y'avait bavardage et là, je confisque même le devoir de l'un qui discute trop. C'est M.

 

M. est né aux US. Il a eu une fille au pair quand il était petit qui était sud-africaine et qui lui parlait qu'en anglais. Il a presque tout gardé. De plus, il a un père américain qu'il ne connaît pas mais, et je pense que c'est sa motivation principale pour être aussi bon en anglais, qu'il compte bien trouver un jour.

 

Mais M. est aussi un emmerdeur, un bavard, un grand gaillard que s'il n'avait pas ce visage encore un peu poupon, tu lui donnerais 18 ans. Il sait pas encore quoi faire de ses bras M. Et son meilleur copain, physiquement encore coincé dans un corps de 6ème, lui arrive au nombril ou presque. M. aime rire, se lever et s'en foutre du cours.

 

Et M. est aussi l'heureux lauréat de ma première colle en tant que prof !

En voici la preuve.

1erecolle.JPG

Il l'a eu surtout parce qu'il fait souvent mine de pas savoir qu'il a une punition. La seule fois où il s'en est souvenu, il l'a fait pendant le cours. Pas pratique pour suivre ce que je disais. Alors je l'ai déchiré et lui ai demandé de faire le double pour la prochaine fois. Il oublie. Une fois, deux fois. Mot sur le carnet. « Quoi Madame, vous aviez mis un mot ? » Je sais pas comment je peux être aussi naïve, mais je lui ai laissé encore une chance. Il vit chez sa grand-mère. Sa mère vit à l'étranger et rentre environ tous les 15jours (supers parents, ouais !). Mais M. ne veut pas faire signer ses mots à sa grand-mère. Alors forcément, il a encore oublié.

Il a pris la colle.

 

Ouais mais.

 

Le jeune prof manque de sens du timing.

 

Ma colle est passée quasi inaperçue. Elle n'a eu quasi aucun effet sur le reste de la classe.

Comme quoi, ça sert pas à grand-chose de se la garder au chaud pendant un mois, la colle. J'aurais peut-être mieux fait de la donner dès la première semaine !

 

Je sais vraiment pas quoi faire avec eux ! :(

 

Puis, à l'heure suivante, ma tutrice vient voir mon cours avec la classe orange. Il se trouve que c'est l'un de ceux que j'ai le plus magnifiquement raté depuis le début de l'année... Elle a trouvé que mon document audio était trop dur. (Comme quoi, y'a pas que les élèves qui s'habituent aux docs trafiqués des manuels... Faites que je ne devienne jamais comme ça. Ou plutôt faites que j'enseigne en fac avant de devenir comme ça!)

Normal qu'ils trouvent ça dur, je suis les directives officielles moi : de l'authentique ! Et non la mouise neuneu des bouquins avec la ptite musique rigolote entre les units !

 

Du coup, pendant le quart d'heure feedback, je lui montre le reste de ma séquence, que je vais faire pendant la semaine prochaine. Mercredi, j'avais prévu une compréhension écrite d'un article de journal britannique qui me permettait, ô miracle, d'introduire mon point grammatical parfaitement. C'était une collègue stagiaire qui me l'avait filé. Elle l'avait fait avec ses 4ème aussi et ça avait bien marché. Pour jeudi, j'avais prévu LE doc qui avait motivé toute ma séquence : un article sur comment manger mieux dans le sens « manger doucement », « mâcher », « apprendre à sentir sa faim », « réduire les portions » etc...

Le premier texte, elle essaie péniblement de me dire « je crois que ça va être trop difficile ». Le deuxième, elle ose à peine le lire.

 

Personnellement, je trouve qu'elle manque souvent d'ambition avec ses élèves, qu'elle est trop défaitiste et résignée « ils sont nuls, c'est irrattrapable ». En même temps, c'est peut-être mon parcours d'agrégée qui me donne des ambitions aussi ambitieuses parce que je m'ennuie quand même un peu avec ce que je dois leur enseigner. Mais quand même, elle manque pas mal d'ambition je trouve et c'est dans compter sur le fait que...

 

Le jeune prof est idéaliste.

 

Alors moi, je vais essayer quand même.

 

Vendredi, re demi-journée à l'IUFM. Je discute avec Marie, ma co-voitureuse au retour et je lui fais part de mon grand désarroi, de ma fatigue, de mon ras-le-bol de n'avoir que mon boulot dans ma vie et qu'en plus il me bouffe complètement. Elle m'a conseillé ardemment de ne pas travailler du weekend. Je savais au plus profond de moi qu'elle avait raison.

Par contre, d'en avoir parlé, je suis rentrée chez moi et j'ai encore pleuré comme une imbécile.

 

Dans l'après-midi, j'ai voulu finir le reste de ma séquence pour la semaine prochaine. Je me suis donc attelé à l'étude, l'analyse et la mise en œuvre des activités autour du document difficile numéro 2, celui qui a motivé toute la séquence.

A mon grand désarroi (et j'ai encore pleuré), j'ai du m'en séparer. J'ai déplacé l'autre texte à jeudi et ce sera là-dessus que ma tutrice et ma formatrice IUFM pourront me jauger (ou juger, c'est selon). Ma tutrice, je l'espère, verra comment faire un truc un chouia ambitieux avec des 4ème et ma formatrice me verra au moins sur un truc que je pense maîtriser comme il faut.

 

Je ne devais pas travailler hier. Je me l'étais quasi promis. (peut-être que c'est le "quasi" le problème dans cette phrase) Mais vu qu'il a fallu refaire une partie de ma semaine prochaine vendredi après-midi, j'ai du bossé hier matin. Et finalement, aussi hier après-midi (copies à corriger de m**** ! je vais arrêter de leur en donner autant des devoirs !).

 

Aujourd'hui, alors que tu lis ça, je suis allée voir ma nièce. Pas vue depuis 3 semaines. Boulot de tarés !

 

Mais la semaine prochaine ne s'annonce pas particulièrement reposante de toute façon. Vivement les vacances !

19.09.2009

La classe verte, c'est pas des vacances

Non, la classe verte, c'est vraiment pas des vacances !

 

 

Laisse-moi te parler de cette classe exceptionnelle. Enfin, non, ils n'ont strictement rien d'exceptionnel. Ils sont tout ce qu'il y a de plus banals. Si ce n'est qu'ils sont un peu nuls mais même pas irrémédiables (pour la jeune prof pleine d'espoir et d'idéalisme que je suis).

 

 

La classe verte, c'est 25 élèves.

Malheureusement, c'est 16 garçons pour 9 filles...

 

5 prénoms à consonance anglo-saxonne. Que veux-tu, c'est la mode !

1 prénom à l'ancienne à la Jean-quelque chose (et non, il n'est pas noir).

1 prénom dont je ne connais même pas l'origine mais c'est sans doute asiatique/vietnamien/cambodgien ? et je ne pourrai sans doute jamais le savoir car elle ne parle pas un mot de français (ça fait pourtant depuis l'année dernière qu'elle est arrivée).

 

J'ai aussi un dyslexique aigu. Enfin, il a beaucoup de problèmes pour lire et écrire, et se concentrer, et travailler etc... Bizarrement, ses capacités de communication orale sont très développées par contre.

 

J'ai une gamine pas très maligne - que l'on appellera A.. Alors qu'elle est toujours assise à côté de sa copine I., elle s'imagine que je me rends pas compte qu'elles s'entendent bien. Introduction de vocabulaire: « get on well with » (« bien s'entendre avec »). J'écris au tableau "A. gets on well with I." histoire de donner un exemple concret.

Dans la minute qui suit l'instant de compréhension d'illumination de A., elle me dit « Mais Madaaaame, comment vous savez qu'on s'entend bien ? »...

On croirait presque l'Emilie de Soph'.

 

Sur les 16 garçons, il n'y en a que 2 qui ne me posent pas vraiment de problèmes de discipline. 5 où c'est relativement léger et supportable. Mais les 9 autres, je suis constamment sur leur dos.

Cbox.JPGChez les filles, 2 pipelettes. Je les ai séparées. Je n'ai plus qu'une seule pipelette (elle parle avec son nouveau voisin...)

 

Mais la classe verte est déjà une légende au collège.

A la pré-rentrée, j'ai beaucoup entendu parler des « 4D » de l'année dernière. « Oh la la, heureusement qu'on n'a plus les 4D ». « Enfin une année tranquille ». « C'était quand même impossible cette classe ».

Depuis une semaine, au collège c'est « les 4D sont de retour ». « Ah ? T'as les terribles dont tout le monde parle ? ». « Remarque, ça te rode (rires presque gênés qui veulent dire « t'as pas de bol ! » ou « j'aimerais pas être à ta place ») ».

Le prof de français en a déjà exclu 3 je crois de son cours. La prof d'histoire géo se confiait à moi mercredi matin (c'est sa première année à plein temps) :  « je crois que je vais détester ce niveau ; je les croise dans les couloirs, y'en a un qui me dit bonjour, j'ai même pas envie de lui répondre ; c'est pas ma faute, je les aime pas ! ».

Seul le prof de maths semble pouvoir les canaliser. Mais bon, lui, il peut les mettre à l'écrit toute l'heure si il veut.

 

 

J'ai déjà testé plusieurs choses pourtant :

- punitions pour devoirs pas fait ou oubli de matériel (ce qui implique 3-4 minutes pour vérifier les devoirs et/ou les oublis de tous et donc le bruit est continu pendant ce temps-là ; mais n'empêche, j'ai nettement moins de devoirs pas faits déjà).

- mots sur le carnet quand ça fait deux punitions déjà.

- devoir sur table surprise (malheureusement, dans l'ensemble, ils s'en sont bien tirés, sauf les tricheurs-copieurs qui ont vu leur note divisée par deux).

- nouveau plan de classe (relativement efficace mais pas miraculeux).

- chantage au « je rends pas le devoir à ceux qui parlent » (efficace 4min chrono et complètement anti-pédagogique car il faut bien leur rendre pour qu'ils « corrigent leurs erreurs pour progresser », donc menace en l'air que j'aurais mieux fait de ne pas faire, mais bon, on apprend tous les jours).

 

Cette semaine, je pense que je vais passer à la colle. Voire à l'exclusion de cours. Je sais pas encore. Et faut que je vois la PP de la classe (professeur principal). Il y a aussi l'appel aux parents. Donc faut que je vois la CPE pour récupérer les numéros (et faire connaissance aussi, ça fera pas de mal).

 

 

Ils sont épuisants. Pourtant, certains sont aussi très attendrissants. Et puis y'a tout ceux qui n'ont rien demandé. Et donc ceux qui, à chaque fois que j'arrête de parler pour signifier mon mécontentement aux bavards (mais ils mettent 10 plombes à percuter que j'ai arrêté de parler et recommencent quasi aussitôt - d'ailleurs, combien de temps on est sensé le tenir le regard de feu et le silence de glace dans ces cas-là ?), bref à chaque pause dans le cours, c'est les gentils-travailleurs qui en pâtissent. Et c'est pas juste quoi...

Et puis comment veux-tu remonter leur niveau en anglais si ils écoutent même pas ?t_m.bavard.jpg

 

Il paraît qu'il faut millimètrer son cours à la seconde, histoire qu'ils soient toujours en activité. Oui mais, quand ils mettent des plombes pour se mettre à bosser parce qu'ils discutent à droite à gauche et que je peux même pas expliquer les consignes (règle n°1 : ne jamais parler plus fort qu'eux et en même temps qu'eux; d'accord mais bon quand même quoi) pour débuter l'exercice ?

 

 

Bref, encore beaucoup de choses à gérer avec cette classe.

Et pour l'instant ce ne sont que de très gros bavardages. Pas d'incivilité. Pas de violence (verbale ou autre). Pas de manque de respect à mon égard. Juste beaucoup, beaucoup de bruits.

 

 

Autre conséquence relativement inattendue, je laisse passer beaucoup de choses avec la classe orange que je ne devrais pas. Et ils commencent à prendre leurs aises. Faut que je me gaffe !

 

 

Mais je les aurais un jour, je les aurais !

(je voulais mettre la vidéo de la pub, mais vraiment, je peux pas la voir alors ce sera non)