27.03.2008

Attention aux raccourcis

Parmi les documents remis par le CNED, il y a un gros "bouquin artisanal" (c'est à dire, un paquet de feuilles reliées mais en aucun cas un truc qu'on doit pouvoir trouver dans le commerce) appelé Connaissance du Système Educatif.

Je m'expose à "des poursuites judiciaires et aux sanctions pénales prévues par le Code de la propriété intellectuelle" sans vergogne. Et j'assume!

Mais j'ai trouvé ce que j'ai lu tellement surprenant et drôle que je voudrais le partager avec toi.

Le bouquin commence en montrant que personne n'a vraiment suffisamment de recul pour décrire, comprendre et analyser comme il faut le système scolaire. On est tous trop touché par notre propre expérience. Encore plus les élèves et les profs...

Pour illustrer son propos, l'auteur cite un livre qui date de 1989 de Bachelot et Estabet (aucune idée qui ils sont mais ils ont dit des choses pas connes): Le niveau monte, réfutation d'une vieille idée concernant la prétendue décadence de nos écoles.

 

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Ces messieurs, vois-tu, ont eu la bonne idée de se tourner vers les militaires pour avoir un test de niveau, appliqué à des appelés de 1967, à soumettre aux appelés de 1982. (Ouais, ça date un peu...) Et, évidemment, ces recherches ont montré, pour te faire le raccourci, que le niveau n'avait pas baissé du tout mais que globalement, il avait plutôt augmenté et que les mauvais étaient bien moins mauvais mais surtout que les bons étaient devenus meilleurs encore.

Et puis il y avait aussi des citations:


1) Il sera dans ces conditions de plus en plus difficile d'éviter les échecs de plus en plus nombreux dans les universités qui sont tenues d'accepter les bacheliers.

* par le président de la Société des Agrégés en 1988 (j'avais 6 ans personnellement)

2) La décadence est réelle, elle n'est pas une chimère: il est banal de trouver vingt fautes d'orthographe dans une même dissertation littéraire des classes terminales...

* un certain Noël Deska qui a écrit un livre sur le "gâchis" à l'école en 1956 (demande-toi quel âge avait tes parents)

3) L'enseignement secondaire se primarise... Les élèves des lycées n'ont ni orthographe, ni vocabulaire, exact et varié, ni connaissances grammaticales, ni analyse logique, ni méthode d'exposition écrite ou orale.

* peut-être ma préférée! mais où va la France! (encore un écrivain bien au courant, Paul Lamonnier, probablement un universitaire en 1929)

4) Parce qu'on ne fait plus de latin, la bonne phrase française classique disparaît de l'usage.

* et quel dommage... P. Zidler, 1912

5) J'estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l'orthographe.

* on croirait qu'elle a été écrite aujourd'hui celle-là, non, un maître de conférences à la Sorbonne en 1899!!!

6) L'orthographe des étudiants en lettres est devenue si defectueuse que la Sorbonne s'est vue réduite à demander la création d'une nouvelle maîtrise de conférences, dont le titulaire aurait pour principale occupation de corriger des devoirs de français des étudiants de la faculté de lettres.
* ça rappelle pas la mise en place des dictées à l'entrée d'HEC et autres grandes écoles? pourtant 1886!

7) Les copies fourmillaient encore de fautes de langage et d'orthographe; il semblerait que, dans nos lycées et collèges, on n'apprenne plus la langue française.

* d'ailleurs, là, en 1864... ça remonte à ton arrière-arrière grand-père ou à celui d'avant?

8) Les auteurs français, au lieu d'être étudiés dans le texte, le sont dans de minces et ingrates notices de manuel.

* même année, 1864, par le doyen de Nancy... C'est vrai quoi! On apprend plus le français avec Molière! Tout fout le camp! d'ailleurs, doyen à Nancy, il a peut-être plus enseigné le français encore longtemps mais l'allemand!

9) L'inaptitude à s'exprimer d'une façon claire et cohérente dans leur langue maternelle.

* par le président du jury du baccalauréat de Strasbourg, 1860... qu'est-ce qu'ils devaient bons les élèves 25 avant!

10) D'où vient qu'une partie des élèves qui ont achevé leurs études, bien loin d'être habiles dans leur langue maternelle, ne peuvent même pas en écrire correctement l'orthographe?

* bah, pas beaucoup mieux 25 ans avant apparemment... 1835

11) Les candidats ignorent et la biographie et le titre des principaux ouvrages de Montesquieu, de Bossuet, de Racine.

* Ah! enfin quelque chose qui n'a pas changé! (doyen des lettres de Clermont en 1858)


Mais voilà, ces plaintes ne datent pas d'aujourd'hui, ni même d'hier! Mais plutôt d'avant-hier!




Donc, la prochaine fois que t'entends un badaud dire "c'était mieux avant", tu lui diras qu'il sait pas de quoi il parle!

17.01.2008

Retour sur THE suppression

En voyant le nombre de personnes qui semblent chercher des renseignements sur la "rumeur" de la suppression des concours, voilà ce que j'ai (merci lectrice d'Agreg-Ink):

http://cmp-upv.blogspot.com/2007/12/indices-persistants-d...

http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=2008011112...

http://stepan.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/01/10/reto...

http://www.snes.edu/snesactu/spip.php?rubrique198;%20http... 

C'est donc pas jute du catastrophisme. Il se passe quelque chose.

Si vous avez des informations solides de votre côté, n'hésitez pas à me laisser un commentaire et à m'envoyer un mail. Merci. :)

07.01.2008

Suppression des concours?

Une rumeur va bon train au sein de l'Education Nationale, enfin au sein des profs plus précisément. Il semble décidé en haut lieu de supprimer les concours de recrutement. Autrement, tout le mal que je suis en train de me donner pour réussir le Capes (qui date de 1950) et surtout l'Agrégation (qui date, elle, de 1766!) risque de ne servir à rien.

Oui, tu as bien entendu! Je me casse le c** à bosser comme une folle pour un concours qui, l'année prochaine peut-être déjà, n'existera plus. Autrement dit, si je veux garder le statut de fonctionnaire, avec la sécurité de l'emploi que ça implique, et si je veux avoir le salaire sympa d'un agrégé il faut absolument que je réussisse cette année!

Les rumeurs parlent de recrutement à échelle locale avec inégalité de salaires et de niveaux des profs entre académies, voire départements. Bref, rien de moins que l'apocalypse du petit monde des profs.

Enfin, tu me diras, ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Mais ça fiche quand même un peu la trouille. Je ne sais pas si ces changements pourront prendre forme dès la rentrée 2008 (c'est tôt quand même), mais je vais peut-être faire partie des derniers titulaires de l'éducation nationale. Ce serait bien que je sois titulaire agrégée quand même... Ce serait encore plus le pied que maintenant!

06.11.2007

Un début d'explication...

Tu te demandes pourquoi les Français sont si nuls en langue?

Je te propose un début d'explication, mais il va te falloir un ptit quart d'heure pour bien comprendre... Bah oui, je sais, t'as l'habitude qu'on t'explique tout, tout de suite... Mais là, il va te falloir t'investir un chouia. Parce que la connaissance, c'est un travail aussi, donc il te faudra y mettre du tien!

Voici donc deux liens.

L'un est un article publié dans le Nouvel Observateur, la semaine dernière. Il fait un constat (alarmant bien sûr) sur l'enseignement des langues en France (et plus particulièrement de l'anglais, ça tombe bien...).

Article du Nouvel Obs

Le second est la réponse au premier: une lettre ouverte de l'Association des Professeurs de Langue Vivante. Elle résume tout ce qu'il est important de prendre en compte quand on fait un article comme celui du Nouvel Obs, habituellement plutôt informé.

Réponse de l'APLV

J'espère que tu auras bien tout lu. Si ce n'est le cas, ne parle pas de l'enseignement des langues si tu n'y connais rien. :)