14.07.2009
Mes oraux d’agreg 3 – La Libération de la Femme
e voilà donc sans introduction, sans première partie, devant un jury qui me voit paniquer comme une folle...
« Je crois que j'ai oublié une partie de mes notes en loge ! »
(Ouais, on est des snobs, on prépare en « loge »)
Et là, le monsieur du jury, sympa, compatissant, dit « comment ça se passe dans ces cas ? on doit l'accompagner ? ».
Intérieurement, je soupire de soulagement et me voilà repartie en salle de préparation, le monsieur aux talons.
Il s'assure auprès des appariteurs que je peux bien entrer et je vais vite récupérer mes deux feuilles qui, effectivement, étaient restées retournées sur ma table après que je les eusse relues (pourrais presque passer l'agreg de lettres, non ?).
Retour illico presto dans la salle.
Et c'est parti pour 20min d'exposé enfin à peu près maitrisé.
Tellement maitrisé que je prends même l'initiative de faire la pédagogue et je montre au jury ce que je veux dire sur le tableau. (J'avais lu dans un rapport de jury qu'il ne fallait pas hésiter à le faire).
Évidemment, il y a des points faibles flagrants : mon anglais n'est toujours pas extraordinaire, ma troisième partie est légèrement atrophiée par rapport aux autres mais lorsqu'ils m'annoncent à 18min qu'il ne me reste que 2min, je boucle rapidement et termine dans les temps !
Ma conclusion était minuscule exprès pour ne pas dépasser (j'ai remarqué que, de toute façon, pendant la conclusion, ils sont trop occupés à chercher les questions qu'ils vont poser pour écouter quoique ce soit !).
Je m'étais gardé certains morceaux pour l'entretien : une petite mise en parallèle avec Les Ménines de Velasquez aurait été du plus bel effet.

Voir même une comparaison avec Dorothée et ses scandaleux souliers rouges du Magicien d'Oz...


Mais non, à la place, ils m'ont posé des questions sur le regard des filles. Après quelques secondes de non-compréhension et de réponse maladroite, j'ai compris qu'il voulait me faire parler de celle qui tourne le regard, « refuse l'interaction, la communication ».
Et puis il y a eu une question assez drôle parce que la réponse, je l'ai feinte...
Après avoir spécifié un truc que j'avais dit pendant l'exposé, j'ai dit qu'à cette époque, 1848, la Declaration of Sentiments aurait pu, de premier abord, être prise pour une défense des droits des esclaves (puisque l'abolitionnisme, autre sujet au programme cette année d'ailleurs, était grave à la mode à l'époque aux États-Unis).
Et puis là, la question : « Et est-ce que vous pourriez relier l'abolitionnisme à ce document d'une autre façon ? ».
Pendant la préparation, j'avais lu un truc dans l'encyclopédie dont je ne me souvenais pas très bien mais que j'avais su, à un moment donné de l'année : le mouvement féministe est plus ou moins né quand les femmes, qui s'étaient impliquées dans le débat contre l'esclavage au début du 19ème siècle, se sont vues refuser l'accès à une grande convention abolitionniste qui a eu lieu en 1840.
J'ai fait mine d'être pas très sûre de moi. Comme si ça revenait de loin. Mais en fait, je savais trop combien j'avais raison et la dame a dit un truc « oui, oui, vous avez vu juste, c'est tout à fait ça ». Et moi de répondre : « ah, bah tant mieux » ou un truc du genre.
Ouais, je sais, j'ai faked it !
Entretien donc, encore une fois, relativement positif. Et quand je sors cette fois-ci et que je me retrouve dans le couloir, j'ai levé les bras au ciel, comme lui :
C'était une nouvelle libération de la femme ! J'étais vraiment soulagée et très très contente d'avoir terminé. Et puis aussi contente d'avoir été jusqu'au bout car c'était vraiment pas gagné !
Il est évident que j'ai mis plusieurs heures à réaliser que c'était terminé. En fait, j'ai encore aujourd'hui, du mal à comprendre que c'est fini. J'en ai beaucoup rêvé les premiers soirs. J'ai même rêvé la première nuit qu'il fallait que j'y retourne pour le commentaire et la restit parce que le jury avait perdu ses notes...
Mister T., pour fêter ça, est même venu me chercher au lycée. J'ai discuté avec les gens d'Agreg-Ink. Et puis une petite heure plus tard, j'ai enfin rencontré ML qui commente parfois ce blog et avec qui j'ai traversé informatiquement les résultats du CAPES, l'année d'agreg, la préparation des oraux de manière intensive et les résultats des écrits en juin. Il était temps qu'on se voit pour de vrai !
Le soir venu, parce que l'année dernière à Lille pour fêter la fin des oraux du CAPES, on était allé manger à un Hippopotamus, et parce qu'il y en avait un juste en face de la Gare St-Lazare, nous sommes retournés y manger. J'espère que ça me portera chance (j'ai pas pris le même menu celà-dit !).
La soirée fut courte malgré tout car je tombais de fatigue !
Vendredi 10 juillet
On a passé la journée à Versailles, au milieu des (autres) touristes. Je vais te faire un « album » de photos très bientôt.
Les cheminées y sont absolument magnifiques et nous avons même emmené Pinou, le petit lapin que j'avais tricoté pour Mister T..
Les Grands Appartements sont évidemment magnifiques aussi, même si totalement invivables ! D'une part parce que tout cette dorure finit par être écœurante, d'autre part parce qu'il n'y a presque aucune vie privée avec ces salles qui se suivent les unes les autres ! Où sont les couloirs ???
Et puis, avec tous ces visiteurs, difficile de prendre son thé au petit salon tranquillement !
Les audio-guides du musée sont lamentables. Ils ne font que raconter des choses très très vagues. Lire les petits panneaux de chaque salle t'en apprend plus ; malheureusement, ceux-ci ne sont pas toujours accessibles à cause du monde qu'il y a.
C'est dommage car, même si je comprends bien que tout le monde n'est pas aussi intéressé que moi par la peinture du plafond, ils pourraient laisser la possibilité d'écouter une piste plus détaillée sur la pièce qu'on visite.
Pour essayer de quitter la foule, on n'a pas tout à fait terminé le château et on s'est enfuit dans les jardins. Tout à pied!
On aura même refusé l'attrait du petit train qui t'emmène, pour la modique somme de 3,50€ l'aller, au Grand et au Petit Trianon.
Finalement, ces deux petits palaces miniatures sont les plus intéressants. En particulier le Domaine de Marie-Antoinette avec son parc plus « sauvage » et son hameau.
Par contre, j'ai été très vexée de m'entendre presque crier dessus « no flash ! no flash ! » quand je prenais une photo.
D'une, je suis pas une touriste étrangère hein ! Mon copain a un sac Eastpack si t'as pas vu !
De deux, je mets JAMAIS le flash dans les musées, j'ai conscience de la nécessité de conserver les œuvres d'art MOI ! Quitte à avoir une photo de m**** du lit de Louis XIV !
Enfin, je comprends bien qu'avec la foule d'imbéciles qui flashent à tout va, elle doit avoir un peu les nerfs...
On aura beaucoup marché ce jour-là. Moi, dans ma grande sagesse, avec des tongs que je perds assez facilement et que je passe la journée à rattraper à chaque pas ou presque.
Ce qui, couplé à une belle insomnie, entraîne des courbatures sympas le lendemain pour marcher dans Paris cette fois !
Samedi 11 juillet
Ce jour-là, j'ai eu 27 ans et j'ai fêté ça en passant une vraie journée de m**** !
On a commencé par Montmartre et jusqu'à la montée depuis les Abbesses jusqu'au Tertre, tout allait bien. Ensuite, devant le Sacré Cœur, le monde de Versailles semblait s'être donné rendez-vous à Montmartre.
A l'intérieur de la Basilique, j'ai pu constater toute l'hypocrisie de l'Eglise catholique !
En entrant, en quasi-file indienne, on tombe rapidement sur un monsieur qui fait signe d'avancer en permanence, particulièrement agacé. Et puis il balance des « chhhhhhhuuuuuuuuuuttttt ! » qui font presque plus de bruits que les 200 personnes présentes dans l'église. Nous, on s'est assis pour regardé tranquillement le décor et le type était debout juste à côté de nous, marmonnant « ah, les Espagnols ! c'est toujours les Espagnols ! ». Il a exigé d'un touriste qu'il retire sa casquette etc... bref, il fait la police et semble regretter que ces malotrus « désacralisent » l'endroit. N'empêche, c'est grace à eux que t'as un boulot, mon grand!
Moi, ce qui m'a semblé le plus désacraliser l'endroit, c'est le prix des bougies pour avoir le droit de les allumer. Les petites c'est 2€, ça va. Mais les grandes, c'est 10€ ! Un peu plus loin, une librairie qui vend des livres et des souvenirs du Sacré Cœur A L'INTERIEUR de l'église ! Encore un peu plus loin, une grande urne (il y en a plusieurs petites tout le long) avec plein d'affiches réclamant des offrandes dans au moins 7 ou 8 langues ! Sur le retour, encore un magasin...
Achète ta rédemption !
En redescendant de Montmartre, profitant de la forte odeur de pisse qu'il y a un peu partout mais aussi des vendeurs à la sauvette « c'est tradition, c'est tradition », on va jusqu'à Pigalle avec l'idée d'aller au Musée d'Orsay en reprenant le métro.
Sauf que le Musée d'Orsay avait une queue de 10km dehors alors on décide de marcher jusqu'au Quartier Latin plutôt. En plus le Panthéon, la Sorbonne, c'est gratuit de les regarder.
Mais Dieu que Paris est grand (j'aurais du mettre 2€ pour ne pas avoir mal aux pieds !) ! Et très vite, les courbatures sont rejointes par un mal indescriptible sous la plante de mon pied droit.
Au point qu'arrivés au Jardin du Luxembourg, je ne peux pas aller plus loin.
J'ai même encore mal ce matin, c'est pour te dire. Je me demande si je me suis pas carrément fait une tendinite ou un truc du genre.
Pour passer le temps qu'il nous reste (il est 13h), on décide d'aller voir L'Age de Glace 3 à l'un des deux cinémas qu'on venait de passer à Odéon sauf que le film a déjà commencé. On se retrouve à voir le dernier Woody Allen.
Moi qui n'aime pas Woody Allen d'habitude et n'ai certainement jamais payé pour en voir un !
Finalement, il était pas si mal mais je maintiens : je ne comprends pas l'engouement pour ce réalisateur !
Puis on a repris le métro (moi en boitant, Mister T. en ralentissant toutes les 10 sec pour m'attendre) pour aller récupérer les bagages à l'hôtel et pour rejoindre la gare du retour.
Mais au moins, j'ai plus d'agreg à passer !
Enfin, j'espère!
08:59 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : oraux, agrégation, anglais, 2009


















Commentaires
Bon, ben moi je ne décroise plus les doigts d'ici les résultats! ;-)
(A part ça, pour une raison obscure, ton article précédent sur les oraux partie 2 ne s'affiche pas chez moi, snif)
Ecrit par : M* | 14.07.2009
eh ben que d'aventures !! Maintenant on croise les doigts. J'essaie de m'occuper pour passer le temps plus vite mais c'est long quand même !
bizz
Ecrit par : Ladybud | 14.07.2009
J'ai pas la partie 2 non plus, ça m'a coupé tout le suspense !
Je te souhaite bonne chance en tout cas, vivement les résultats !
Ecrit par : Marine. | 14.07.2009
moi pareil, j'ai pas "femme d'entretien..."
Ecrit par : mary | 14.07.2009
Ah non, je suis blasée là! J'écris un truc de 10 pieds de long et ça marche pas?
Et là, c'est bon?
Ecrit par : zzaz | 15.07.2009
ben non. je comprends pas...
eh, ça y est, J-1 (enfin J-qq heures, vu l'heure qu'il est). Je pense bien fort à toi!
Ecrit par : M* | 16.07.2009
Vous utilisez quoi comme navigateur internet?
Parce que moi, partout où j'ai testé, c'était avec Firefox alors peut-être que c'est Internet Explorer qui plante?
Ecrit par : Zzaz | 16.07.2009
Aaaaaah peut-être! Il faudrait que je télév=charge firefox pour voir.
Ecrit par : M* | 16.07.2009
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