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26.03.2008
Quand j'ai appris
J'ai décidé qu'à chacune des notes que j'écrirai pour toi, je mettrai un peu de musique. Aujourd'hui, ça sera du Peter Gabriel.
Marrant comme tu as orienté mes goûts musicaux.
Et puis Peter Gabriel, on est allé le voir en concert ensemble. Je me souviens pas si il avait joué Sky Blue. Y'a de bonnes chances, elle n'était pas sortie depuis longtemps cette chanson.
Ma vie est de nouveau bouleversée. Je commençais tout juste à m'ajuster à cette situation improbable: un père mort, une mère à 11 000km. Et puis, tu as déjà rejoint papa.
J'ai envie de hurler C'EST PAS JUSTE!
J'étais à ce fichu stage quand j'ai reçu le coup de fil. Un lundi matin. Deux semaines avant Noël. Il devait être 10h15, 10h20; on rentrait de "récré". Le téléphone qui vibrait en pleine classe, alors que les 4ème apprenaient qu'ils allaient devoir "jouer" une petite pièce en anglais pour la semaine suivante. Le téléphone vibrait. Ton autre fille venait d'appeler celui que tu croyais si peu acceptable pour moi. Il a essayé de me joindre et m'a laissé un message "bah j'ai caro qui vient de me tel et 1 truc super grave est arrivé. Vaudrait mieux que tu rentres. Ou alors je viens te chercher."
J'ai pas encore réussi à l'effacer ce texto...
Alors je suis sortie en catastrophe de la classe, en passant devant la prof, en m'excusant, urgence familiale, et dans le couloir, tout en marchant à grands pas pour rejoindre ma voiture; je l'ai appelé: "ne me dis rien, je rentre, tu me diras une fois à la maison".
Pendant les 10min de route, tout, absolument TOUT m'est passé dans la tête, sauf ça. J'ai imaginé un accident de la route, j'ai imaginé un grand-parent à l'hopital. Ma soeur. Une tante. Un cousin. Je tremblais. Je me disais: "tu es en train de vivre un truc que t'oublieras jamais, et tu ne sais pas ce que c'est".
Je savais pas, mais je sentais que c'était "super grave" à ce point.
Je me revois dans l'ascenseur, à prendre ma respiration, à essayer de me calmer.Je suis entrée. Il m'attendait dans le salon. Et là, ce mec que tu connaissais si mal et qui te semblait si peu attaché à moi, qui soit-disant me rendait si malheureuse, ce mec a du annoncer à ta fille qu'elle n'avait plus de mère.
"C'est qui?"
"Ta maman."
"Qu'est-ce qui est arrivé? Elle a eu un accident?"
"Elle est morte."
J'étais orpheline. 15min avant, j'étais une étudiante qui se préparait à être prof d'anglais.
Je me suis, évidemment, effondrée. J'ai hurlé, véritablement hurlé. Hurlé à ne plus pouvoir hurler. Hurlé jusqu'à ne plus avoir assez d'air pour le faire. J'aurais voulu avoir des poumons dix fois plus grand pour hurler à la hauteur de ce que je vivais!
Maman, ça a fait si mal!
J'y croyais pas. J'ai toujours du mal à y croire. Mais à ce moment-là, ça pouvait pas être à moi que ça arrivait. C'était une horreur qui arrivait à quelqu'un d'autre. Je pleurais dans ses bras. Et je me voyais pleurer dans ses bras. Je ressentais la douleur d'une autre. Ce malheur était bien là, mais il n'était pas réel.
Je voudrais le rendre réel. Alors je t'écris.
19:26 Publié dans Parenthèse à la Zouette | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : zouette


















Commentaires
Très touchant, vraiment.
Ecrit par : Nedernia | 27.03.2008
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